« La Suisse a toujours été asphyxiante; Toute le monde d’ailleurs en est parti. Cendrars est parti, Giacometti est parti;, Honegger est parti, Godard est parti.; sans doute, ils ne tenaient plus… (…) Au départ, pour moi, faire des films en Suisse, c’était plus un acte politique qu’un acte artistique. »

Michel Soutter est un réalisateur suisse né le 2 juin 1932 à Genève, où il est mort le 10 septembre 1991.

Il est d’abord auteur-compositeur-interprète dans les cabarets-caves de Genève et de Paris, il entre comme réalisateur à la Télévision Suisse Romande en 1961 où il travaille comme assistant réalisateur et devient réalisateur en 1964. Il écrit et réalise d’abord des dramatiques. Auteur de dix longs métrages de fiction, Michel Soutter réalise aussi de nombreuses émissions pour la télévision, des téléfilms et connaît une importante carrière de metteur en scène au théâtre.

En 1966, Michel Soutter tourne La Lune avec les dents et pose l’acte de naissance du Nouveau cinéma suisse. S’inspirant des méthodes documentaires de la télévision suisse qui tournaient avec trois techniciens des sujets en 16 mm, il réalise ce premier film avec un budget dérisoire. Pour les rôles, il fait appel aux comédiens de la scène théâtrale genevoise mais prend comme figure principale un non acteur William Wismer. Gonflé en 35 mm, ce film sera présenté au Festival de Locarno et distribué en salle dans le réseau des Maisons de la culture.

Fort de cette première réussite, Soutter tourne selon les mêmes méthodes Haschich puis La Pomme. En 1968, il fonde le Groupe 5 avec des jeunes réalisateurs de la télévision, dont Alain Tanner et Claude Goretta. Cette structure propose un mode de production nouveau s’appuyant sur le principe d’un pré-achat par la Télévision suisse d’un film de format cinéma, le groupe restant libre de diffuser ses films avant leur passage à l’antenne.

Grâce à ces moyens nouveaux, Tanner réalise son premier long-métrage Charles mort ou vif. Soutter tourne James ou pas qui, par sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1970, marquera le surgissement du Nouveau cinéma suisse au niveau international.

Au cinéma, il travaillera notamment avec Marie Dubois, Jean-Luc Bideau et Jacques Denis (Les Arpenteurs, 1971), Jean-Louis Trintignant, Marie Dubois et Antoinette Moya (L’Escapade, 1972) Jean-Louis Trintignant, Delphine Seyrig, Léa Massari et Valérie Mairesse (Repérages, 1977), Heinz Bennent, Pierre Clementi et Jean-Marc Bory (L’Amour des femmes, 1981), Tom Novembre (Signé Renart, 1985) Pierre Arditi (Condorcet, 1989).

II décède à Genève, le 10 septembre 1991.

Bibliographie

– Michel Soutter, de Freddy Buache, L’Age d’Homme, 2001.
– L’escapade ou le cinéma selon Soutter, de Michel Boujut, L’Age d’Homme, 1974.

Filmographie comme réalisateur

1991 Le film du cinéma suisse (Documentaire)
1989 Condorcet (TV)
1986 Signé Renart réalisation et scénario
1983 Péchés originaux (TV)
– Adam et Ève
1982 L’amour des femmes
1977 Repérages réalisation et scénario
1974 L’escapade réalisation et scénario
1973 Ce Schubert qui décoiffe réalisation et scénario (TV)
1972 Les nénuphars réalisation et scénario
1972 Les arpenteurs réalisation et scénario
1970 James ou pas réalisation et scénario
1969 La pomme
1968 Hachisch
1967 La lune avec les dents réalisation et scénario

Filmographie comme scénariste

1963 Un dimanche de mai de Claude Goretta (Court-métrage)