Maurice Robinet, dit Maurice Ronet, est un acteur et réalisateur, né le 13 avril 1927 à Nice et mort le 14 mars 1983 à Paris.

Fils unique de comédiens. il découvre très tôt l’atmosphère et les difficultés du métier d’acteur, en accompagnant ses parents dans les tournées à travers toute la France.

A 16 ans, il entre au Centre du Spectacle de la Rue-Blanche où il reçoit ses premiers cours d’art dramatique avec Julien Bertheau, Maurice Donneaud ou encore Bernard Blier pour professeurs.

Au conservatoire, il travaille sous la direction de Jean-Louis Barrault, René Simon et Maurice Leroy. À la fin de ses études, il foule les planches pour la première fois dans Les Parents terribles de Jean Cocteau, puis dans Un beau dimanche de Jean-Pierre Aumont sans oublier Roméo et Juliette où il incarne le rôle principal aux côtés de Nicole Berger.

Il ne fait ses débuts au cinéma qu’après la guerre, avec une première apparition dans le rôle de Roger Moulin dans Rendez-vous de Juillet de Jacques Becker. Il joue aux côtés de futures vedettes : Nicole Courcel, Daniel Gélin, Françoise Arnoul, Pierre Mondy entre autres.

Pour la seconde fois (cela s’était déjà produit des années auparavant au théâtre), il incarne le fils de ses propres parents, Émile Ronet et Paule de Breuil, qui jouent les parents de Roger Moulin. Maurice Ronet devient un jeune premier du cinéma français. Pourtant, ce film et quelques autres, dont Un grand patron, sorti deux ans plus tard, lui donnent l’impression de ne pas vraiment progresser.

Il épouse en 1950 la comédienne Maria Pacôme, qui décide pour lui de quitter la scène et de s’adonner à son autre passion, la peinture. Elle reprendra son métier de comédienne en 1956, l’année de leur divorce. Les critiques le considèrent comme un espoir sûr du cinéma. Pourtant, il ne se cantonne pas vraiment à des rôles définis et joue dans des films très variés, tels que Les Sept Péchés capitaux en 1952, Lucrèce Borgia en 1953, Châteaux en Espagne en 1954. Il côtoie dès lors des réalisateurs tels qu’Yves Allégret, Jean Dréville, Christian-Jaque…

En 1957, un de ses rôles les plus connus, celui de Julien Tavernier dans Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle qui est un grand succès, ouvre la série des nombreux rôles tragiques qu’il incarnera tout au long de sa carrière. Homme désespéré, meurtrier ou victime d’un assassinat, il incarnera aussi un personnage suicidaire quelques années plus tard dans Le Feu follet, un nouveau film de Louis Malle avec Jeanne Moreau, qui obtient le Grand prix du jury de la Mostra de Venise en 1963.

On peut situer le nouvel essor de sa carrière l’année de Plein Soleil, 1960, puisqu’il enchaînera les succès et entamera sa propre carrière de réalisateur avec Le Voleur du Tibidabo. À partir de cette époque-là, il s’essaie à toutes sortes de rôles, tente de dépasser ses propres limites pour comprendre un personnage et l’interpréter au mieux. Il joue aux côtés de tous les acteurs et actrices en vue, comme Romy Schneider et Alain Delon (La Piscine 1968). Il devient l’un des acteurs préférés de Claude Chabrol et des Français. En 1973, il publie son premier livre relatant sa découverte des dragons de l’Ile de Komodo et sort également un documentaire.

Maurice Ronet a toujours été un homme discret ; par son dédain du matériel et sa fuite éternelle devant les épreuves du passé, il néglige certaines de ses créations, notamment ses écrits et ses peintures. Il a écrit plusieurs livres, dont un essai : Le Métier de comédien. Il était également musicien. Il était de ceux qui brûlent la vie par les deux bouts, comme le laisse entendre Éric Neuhoff dans son livre Les Insoumis : « Ce fut un grand vivant. Séduisant, insupportable, imprévisible, il aurait pu être un personnage de roman. » Il partage depuis 1980, date de leur mariage, sa vie avec Joséphine Chaplin, fille de Charlie Chaplin et d’Oona O’Neill, avec qui il a eu son fils unique, Julien, né en 1980.

L’acteur au « visage froissé » s’éteint en pleine gloire, à 55 ans, des suites d’un cancer. Il repose à Bonnieux dans le Luberon.

Bibliographie

– Maurice Ronet: Le splendide désenchanté, José-Alain Fralon, Editions des Equateurs, 2013.
– Maurice Ronet: Les vies du feu follet, Jean-Pierre Montal, Editeur : Pierre-Guillaume de Roux, 2013.
– Les Insoumis, Eric Neuhoff, Fayard, 2009.
– Le métier de comédien, Maurice Ronet, France-Empire, 1977.
– L’Île des dragons, Maurice Ronet, France-Empire, 1973. (Récits)

Filmographie comme réalisate et scénariste

1981 Histoires extraordinaires (TV)
– Ligeia (1981)
– Le scarabée d’or (1981)
1979 Histoires insolites (TV)
– Folies douces
1976 Bartleby
1974 Vers l’île des dragons (Court-métrage documentaire)
1965 Le voleur de Tibidabo

Filmographie

1983 Surprise Party de Roger Vadim
1982 Ce fut un bel été (TV) de Jean Chapot
1982 La balance de Bob Swaim
1982 La déchirure (TV) de Franck Apprederis
1982 Un matin rouge de Jean-Jacques Aublanc
1982 La guérilléra de Pierre Kast
1982 La nuit du général Boulanger (TV) d’Hervé Bromberger
1981 L’atterrissage (TV) d’Eric Le Hung
1981 Beau-père de Bertrand Blier
1981 Sphinx de Franklin J. Schaffner
1980 Orient-Express (TV)
– Jenny (1980) … Rolf Freitag
1979 Bloodline de Terence Young
1979 Histoires insolites (TV)
– Folies douces
1978 Madame le juge (TV)
– Monsieur Bais
1978 Les magiciens du futur (TV) de Peter Sykes
1977 Mort d’un pourri de Georges Lautner
1977 Emmenez-moi au Ritz (TV) de Pierre Grimblat
1977 Madame Claude de Just Jaeckin
1976 À l’ombre d’un été de Jean-Louis van Belle
1976 L’homme de sable (TV) de Jean-Paul Carrère
1976 Nuit d’or de Serge Moati
1976 Oh, mia bella matrigna de Guido Leoni
1976 Perché si uccidono de Mauro Macario
1976 Peut-être en automne (TV) de Jeannette Hubert
1975 Jackpot de Terence Young
1975 Bis zur bitteren Neige de Gerd Oswald
1975 La messe dorée de Beni Montresor
1974 Die Antwort kennt nur der Wind d’Alfred Vohrer
1974 Les Fargeot (TV)(6 épisodes)
– Episode 1.9
– Episode 1.8
– Episode 1.7
– Episode 1.6
– Episode 1.5
1974 Le cri du coeur de Claude Lallemand
1974 The Marseille Contract de Robert Parrish
1974 Commissariato di notturna de Guido Leoni
1973 La seduzione de Fernando Di Leo
1973 L’affaire Crazy Capo de Patrick Jamain
1973 Don Juan ou Si Don Juan était une femme… de Roger Vadim
1973 Sans sommation de Bruno Gantillon
1972 La chambre rouge de Jean-Pierre Berckmans
1972 Il diavolo nel cervello de Sergio Sollima
1972 Les galets d’Étretat de Sergio Gobbi
1972 L’odeur des fauves de Richard Balducci
1971 L’heure éblouissante (TV) de Jeannette Hubert
1971 La maison sous les arbres de René Clément
1971 Raphaël ou le débauché de Michel Deville
1971 Un peu, beaucoup, passionnément… de Robert Enrico
1970 Splendori e miserie di Madame Royale de Vittorio Caprioli
1970 Qui? de Léonard Keigel
1970 La modification de Michel Worms
1970 Le dernier saut d’Édouard Luntz
1969 Les femmes de Jean Aurel
1969 La femme écarlate de Jean Valère
1969 Delphine d’Eric Le Hung
1969 La piscine de Jacques Deray
1969 La femme infidèle de Claude Chabrol
1968 How Sweet It Is! de Jerry Paris
1968 Les oiseaux vont mourir au Pérou de Romain Gary
1968 Histoires extraordinaires (voix, non crédité) de Federico Fellini, Louis Malle et Roger Vadim
1968 Un diablo bajo la almohada de José María Forqué
1967 Il giardino delle delizie de Silvano Agosti
1967 La route de Corinthe de Claude Chabrol
1967 Le scandale de Claude Chabrol
1966 Amador de Francisco Regueiro
1966 La ligne de démarcation de Claude Chabrol
1966 La longue marche d’Alexandre Astruc
1966 Lost Command de Mark Robson
1965 Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné
1965 Le voleur de Tibidabo de Maurice Ronet
1964 La ronde de Roger Vadim
1964 Donde tú estés de Germán Lorente
1964 Les parias de la gloire d’Henri Decoin
1964 Le puits et le pendule (Court-métrage TV) d’Alexandre Astruc
1963 The Victors de Carl Foreman
1963 Noches de Casablanca d’Henri Decoin
1963 Le feu follet de Louis Malle
1963 Das Todesauge von Ceylon de Gerd Oswald et Giovanni Roccardi
1963 Le meurtrier de Claude Autant-Lara
1962 Portrait-robot de Paul Paviot
1962 La dénonciation de Jacques Doniol-Valcroze
1962 Le rendez-vous de minuit de Roger Leenhardt
1962 Liberté I d’Yves Ciampi
1961 Les grandes personnes de Jean Valère
1960 Il peccato degli anni verdi de Leopoldo Trieste et Carlo Moscarini
1960 Mi último tango de Luis César Amadori
1960 Plein soleil de René Clément
1959 Un jeudi comme les autres (Court-métrage)(voix) de Daniel Wronecki
1959 Carmen la de Ronda de Tulio Demicheli
1959 Ce corps tant désiré de Luis Saslavsky
1958 Cette nuit là… de Maurice Cazeneuve
1958 Carve Her Name with Pride de Lewis Gilbert
1958 Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle
1957 Celui qui doit mourir de Jules Dassin
1956 Section des disparus de Pierre Chenal
1956 La sorcière d’André Michel
1955 Les aristocrates de Denys de La Patellière
1955 Gueule d’ange de Marcel Blistène
1954 Casa Ricordi de Carmine Gallone
1954 El torero de René Wheeler
1954 Casta diva de Carmine Gallone
1953 Le guérisseur d’Yves Ciampi
1953 Lucrèce Borgia de Christian-Jaque
1953 La môme vert de gris de Bernard Borderie
1953 Horizons sans fin de Jean Dréville
1952 La jeune folle d’Yves Allégret
1952 Les sept péchés capitaux d’Yves Allégret, Claude Autant-Lara, Eduardo De Filippo, Jean Dréville, Carlo Rim, Roberto Rossellini et Georges Lacombe
1951 Un grand patron d’Yves Ciampi
1949 Rendez-vous de juillet de Jacques Becker