« J’ai toujours pris «The Wizard of Oz» très au sérieux, vous savez. Je crois en l’idée de l’arc en ciel. Et j’ai passé toute ma vie à essayer de m’en remettre. »

Frances Ethel Gumm, dite Judy Garland, née le 10 juin 1922 à Grand Rapids (Minnesota) et décédée le 22 juin 1969 à Londres (Royaume-Uni), est une actrice, chanteuse et danseuse américaine. Elle est aussi la mère de la chanteuse et actrice Liza Minnelli.

Frances Ethel débute dès sa prime jeunesse au music-hall dans le numéro de ses parents. Puis elle forme la troupe musicale des les Gumm Sisters avec ses deux soeurs. A dix ans, contre l’avis de sa mère, elle change de prénom et devient Judy.

A treize ans, Judy Garland passe une audition devant Louis B. Mayer. Impressionné par la justesse et le cuivre de sa voix, le patron de la MGM l’engage sans même lui faire tourner un bout d’essai. Elle joue d’abord dans Every sunday (1936) de F. Feist.

C’est l’année suivante que le public se laisse séduire, lorsqu’elle chante sa passion platonique pour Clark Gable dans Broadway melody of 1938 de Roy Del Ruth.

En 1939, Le Magicien d’Oz de Victor Fleming confirme ses talents de chanteuse et d’actrice. Cette même année, elle entame une série de comédies musicales trépidantes avec Mickey Rooney, dirigées par Busby Berkeley. Le couple des enfants terribles du cinéma hollywoodien fait des ravages. Mais progressivement, Rooney devient l’ombre de Garland. L’enfant star est en passe de devenir une femme. Le tournant s’opère dans Little Nelly Kelly (1940) de Norman Taurog, où, véritable examen de passage, elle meurt à l’écran.

En 1944, elle rencontre Vincente Minnelli qui l’engage pour le rôle d’une jeune fille en fleur dans Le Chant du Missouri : ce film devient le plus gros succès de la MGM après Autant en emporte le vent (1939) de Victor Fleming. Vincente Minnelli épouse Judy Garland en 1945 et lui offre de merveilleux rôles au côté d’artistes de renom tels que Fred Astaire (Ziegfield follies, 1946) ou Gene Kelly (Le Pirate, 1948).

A cette époque, l’actrice, dont la santé se dégrade, multiplie les séjours à l’hôpital. Après le tournage pénible de Summer stock (1950) de Charles Walters, la MGM la raye de la liste des vedettes du studio.

La traversée du désert de Judy Garland s’achève grâce à sa rencontre avec le producteur Sidney Luft. Dans Une étoile est née (1954) de George Cukor, produit par son nouveau mari en 1954, elle assume probablement sa plus vraie, sa plus brûlante et sa plus personnelle composition ; le personnage d’Esther Blodgett a beaucoup de points communs avec l’actrice.

Jusqu’en 1960, Judy Garland se consacre au music-hall, avec des hauts et des bas. Elle revient à l’écran en 1961 dans Jugement à Nuremberg (1961) de Stanley Kramer, où, bouffie et sans maquillage, elle interprète une émouvante ménagère détruite par le nazisme.

Elle termine sa carrière cinématographique en 1963 avec un mélodrame musical, L’Ombre du passé de Ronald Neame.

Dans la majorité de ses rôles, Judy Garland incarne la joie de vivre et la stabilité. C’est là le plus grand paradoxe de l’actrice : dans les coulisses de sa vie privée, Judy est une femme dépressive et fragile, à l’équilibre mental et physique incertain. La chance de l’actrice à la voix d’or est d’avoir trouvé des Minnelli et des Cukor pour fixer ces infimes discordances qui font le génie.

Judy Garland débute et termine sa vie au music-hall. Elle fait plusieurs apparitions à la télévision, principalement dans le Judy Garland show qu’elle anime pendant les années 1960.
Elle donne aussi des concerts aux Etats-Unis et en Europe, dont un au Palais de Chaillot à Paris en 1960.

Elle décède le 22 juin à Londres d’une surdose accidentelle de barbituriques.

Bibliographie

– Judy Garland:splendeur et chute d’une légende, Bertrand Tessier, L’Archipel, 2019.
– Judy and I: My Life With Judy Garland, Luft Sid, Chicago Review Press, 2017. (Anglais)
– Judy Garland on Judy Garland: Interviews and Encounters, Schmidt Randy, Chicago Review Press, 2014. (Anglais)
– Get Happy: The Life of Judy Garland, Gerald Clarke, Sphere, 2001. (Anglais)
– Judy, Gerold Frank, Da Capo Press, 1999. (Anglais)
– Les plus belles histoires d’Amour d’Hollywood : Judy Garland, Mary kepler, Balland, 1981.
– La fabuleuse histoire de la Metro Goldwyn Mayer en 1714 films, J.D.E., Le Livre de Paris, 1977.
– Judy Garland, Joe Morella et Edward Z. Epstein, Henri Veyrier, 1977.
– Judy. La vie tragique et passionnée de Judy Garland, Frank Gerold, Grasset, 1977.
– Judy Garland, Noël Simsolo, L’Avant-Scène Cinéma, 1970.

Filmographie

1963 L’ombre du passé de Ronald Neame
1963 Un enfant attend de John Cassavetes
1962 Gay Purr-ee (voix) d’Abe Levitow
1961 Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer
1960 Pépé (voix a la Radio) de George Sidney
1954 Une étoile est née de George Cukor
1950 La jolie fermière de Charles Walters
1949 Amour poste restante de Robert Z. Leonard
1948 Ma vie est une chanson de Norman Taurog
1948 Parade de printemps de Charles Walters
1948 Le pirate de Vincente Minnelli
1946 La pluie qui chante de Richard Whorf et Vincente Minnelli
1946 Les demoiselles Harvey de George Sidney
1945 Ziegfeld Follies de Lemuel Ayers, Roy Del Ruth, Robert Lewis, Vincente Minnelli, George Sidney, Merrill Pye et Charles Walters
1945 L’horloge de Vincente Minnelli et Fred Zinnemann
1944 Le chant du Missouri de Vincente Minnelli
1943 Girl Crazy de Norman Taurog et Busby Berkeley
1943 La parade aux étoiles de George Sidney
1943 Lily Mars vedette de Norman Taurog
1942 Pour moi et ma mie de Busby Berkeley
1941 Débuts à Broadway de Busby Berkeley
1941 La vie commence pour André Hardy de George B. Seitz
1941 La danseuse des Folies Ziegfeld de Robert Z. Leonard et Busby Berkeley
1940 Little Nellie Kelly de Norman Taurog
1940 En avant la musique de Busby Berkeley
1940 André Hardy va dans le monde de George B. Seitz
1940 If I Forget You (Court-métrage)
1939 Place au rythme de Busby Berkeley
1939 Le magicien d’Oz de Victor Fleming, George Cukor, Mervyn LeRoy, Norman Taurog et King Vidor
1938 Listen, Darling d’Edwin L. Marin
1938 Love Finds Andy Hardy de George B. Seitz
1938 Everybody Sing d’Edwin L. Marin
1937 Thoroughbreds Don’t Cry d’Alfred E. Green
1937 Mélodie de Broadway de Roy Del Ruth
1936 Every Sunday (Court-métrage) de Felix E. Feist
1936 Pigskin Parade de David Butler
1930 The Wedding of Jack and Jill (Court-métrage) de Roy Mack
1930 A Holiday in Storyland (non créditée) (Court-métrage) de Roy Mack