« Les films de José Benazeraf sont comme des rivières qui charrient des pierres et des diamants. » Henri Langlois

José Benazeraf est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français né le 8 janvier 1922 à Casablanca, au Maroc, mort le 1er décembre 2012 à Chiclana de la Frontera, près de Cadix, au sud de l’Espagne.

Cinéaste indépendant, aventurier du cinéma, José Benazeraf produit presque tous ses films. Il lui arrive même, dans le pire des cas, faute de distributeur, de les distribuer lui-même, soit directement avec l’exploitant, Henri Boublil, propriétaire de nombreux cinémas dont le Midi-Minuit, et Le Méry, à Paris, soit, plus insolite encore, en louant des théâtres de prestige.

Au début des années 40 il étudie au Centre d’études politiques et administratives de l’université d’Alger. En 1945 il échoue au concours de l’Institut d’études politiques de Paris. Il s’est enrichi grâce au négoce de matières premières.

De passage à Paris en 1957 pour acheter du coton pour les filets qu’il vend en Afrique, il achète les droits d’utilisation cinématographique des Lavandières du Portugal. Il trouve alors les coordonnées de PDG de Pathé dans l’annuaire et lui propose de produire l’adaptation cinématographique. Il se lance dans le cinéma, sans rien y connaître. Les Lavandières du Portugal sort la même année, film de Pierre Gaspard-Huit, que devait réaliser Dimitri Kirsanoff, grand cinéaste du cinéma muet, qui meurt dans le bureau de Benazeraf. Le film est un succès.

Partageant, quelques années plus tard, un bureau avec le producteur Georges de Beauregard, Benazeraf voit défiler dans leur bureau commun toute la Nouvelle vague à venir, Claude Chabrol dont il essaie de sortir les deux premiers films ne trouvant pas de distributeur, Paul Gégauff, Jacques Demy, Jean-Luc Godard, Philippe de Broca, etc. Il fait une apparition dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard dans une scène avec Belmondo, et prête pour le film sa Thunderbird blanche à deux places, que Poiccard (Belmondo) vole dans le film.

José Benazeraf passe à la réalisation en 1962, après avoir produit Yves Allégret et le dernier film d’Edmond T. Greville.
En 1966, il réalise Joë Caligula, avec Gérard Blain.

Au fil du temps, les films deviendront de plus en plus explicites, jusqu’au moment où le cinéaste signera des films délibérément pornographiques (à partir du milieu des années 1970). Il a également exploité des scénarios appartenant à la nazisploitation pour y apporter un « plus » pornographique comme Bordel SS (1978).

Quelques grands films à son actif, dont Les Premières Lueurs de l’aube, tourné à Hambourg, en 1967, polar urbain d’une beauté glacée, retitré Plaisirs pervers pour sa sortie au cinéma Midi-Minuit, boulevard Poissonnière.

C’est après Brantôme 81, son film le plus ambitieux, depuis longtemps, et son film le plus cher, film pour ainsi dire dépourvu de scènes de sexe, qui aurait dû trouver sa place dans les meilleures salles Gaumont ou UGC, et qui ne trouvera de sortie qu’au Japon, que J. Benazeraf enchaînera porno sur porno en vidéo. Brantôme 81 est paradoxalement sorti au Japon avec des inserts érotiques.

Metteur en scène iconoclaste, qui réalisait ses films à la vitesse de la lumière, personnage dérangeant, qui osa souvent mêler politique et érotisme, il a encouru les foudres de la censure.

il décède le 1er décembre 2012 à Chiclana de la Frontera en espagne,

Bibliographie

– José Bénazeraf (Anthologie permanente de l’érotisme au cinéma.),
Paul Hervé Mathis, Anna Angel, José Benazeraf, Le Terrain vague, 1973.
– José Benazeraf, la caméra irréductible par Herbert P. Mathese, Clairac éditeurs, 2007.

Filmographie hors productions vidéo

1986 Cynthia’s Diary (Les Phantasmes de Miss Jones) Dernier film 35 mm tourné par José Benazeraf
1986 Anatomie d’un meurtre Dernier film 35 mm tourné par José Benazeraf
1985 Saint-Tropez interdit coréalisation avec Georges Cachoux. (Dernier film de José Benazeraf sorti en salles).
1982 Patricia, Valéria, Anna et les autres
1981 Brantôme 81
1980 Amours d’adolescentes pubères
1980 Les Contes galants
1979 Nicole par-dessus, par-dessous
1979 Je te suce, tu me suces, il nous…
1979 Hurlements d’extase
1978 Ouvre-toi
1978 Grimpe-moi dessus… et fais-moi mal
1978 Anna les cuisses entrouvertes
1978 Baisez-moi partout (Attention, je vais jouir)
1977 La Bonne auberge (Ici, on baise)
1977 Miss Aubépine (Les Vices cachés de Miss Aubépine)
1977 Bordel SS (Freudenhaus)
1976 Un dîner très spécial (Le Dîner en ville, Un dîner très bourgeois)
1975 La Veuve lubrique
1975 Les Deux gouines (Les Gouines)
1975 Séquences interdites (Anthologie des scènes interdites érotiques ou pornographiques)
1975 Les Incestueuses
1975 La Planque 2 (Porno planque 2)
1975 Sex Porno
1975 J.B.1
1974 Adolescence pervertie
1974 Orgies et voluptés (Film de montage)
1974 Le Bordel, 1re époque : 1900
1974 Une garce en chaleur
1974 Les Lesbiennes
1974 Les Incestueuses
1974 La Soubrette La Soubrette perverse
1973 Bacchanales 73 (Montage de films. Même film que Bacchanales 69)
1973 Le Sexe nu
1973 Black Love (L’Homme qui voulait violer le monde entier)
1972 Racism
1972 The French Love
1971 Frustration (Les Dérèglements d’une jeune provinciale)
1970 Triangle (Court-métrage)
1969 Bacchanales 69 (Montage de films)
1969 Le Désirable et le Sublime
1968 Un épais manteau de sang
1967 Les Premières lueurs de l’aube (Plaisirs pervers)
1967 Flesh and Fantasy
1966 Model International (moyen métrage) coréalisation avec Jacques Scandelari.
1966 Joë Caligula Joë Caligula – Du suif chez les dabes
1965 L’Enfer sur la plage
1964 La Nuit la plus longue L’Enfer dans la peau Images
1963 Cover Girls
1963 24 heures d’un Américain 24 heures d’un Américain à Paris Paris Erotika
1963 Le Concerto de la peur ou La Drogue du vice
1962 L’Éternité pour nous ou Le Cri de la chair
1961 Le Quatrième Sexe coréalisation avec Michel Wichard