« Lorsque vous êtes acteur, en fait, vous ne devriez pas avoir trop d’idées. »

Jean-Louis Trintignant est un acteur français, né le 11 décembre 1930 à Piolenc (Vaucluse). Il a réalisé deux films et a également été pilote de course.

Jeune il ambitionne de devenir coureur automobile à l’instar de son oncle Maurice Trintignant.

En 1944, il se découvre une passion pour la poésie de Jacques Prévert qui ne le quittera plus de sa vie avec entre autres Guillaume Apollinaire et Louis Aragon.

En 1949, alors qu’il est étudiant à la faculté de droit d’Aix-en-Provence, il assiste à une représentation de L’Avare, comédie de Molière mise en scène par Charles Dullin : cette pièce est pour lui une révélation. Il abandonne ses études, décide de suivre les cours de comédie de Charles Dullin et de Tania Balachova à Paris. Cela l’aide à vaincre sa profonde timidité.

En 1951, il débute au théâtre dans la compagnie de Raymond Hermantier avec la pièce À chacun selon sa faim. Il enchaîne avec la Comédie de Saint-Étienne ou il joue Macbeth de William Shakespeare avec Jean Dasté. Puis il suit les cours de réalisateur de l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). (Il ne réalisera son premier film que vingt ans plus tard avec Une journée bien remplie en 1972 et Le Maître-nageur en 1978, qui seront deux échecs commerciaux).

En 1956 après quelques figurations, il fait ses débuts comme acteur de cinéma avec le film Si tous les gars du monde de Christian-Jaque et connaît la célébrité internationale en même temps que Brigitte Bardot avec le film mythique à scandale Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim où il joue le jeune époux fou amoureux de Juliette, une jeune femme à la beauté diabolique qui ne pense qu’à s’amuser et à aimer les hommes dans une communauté du village de Saint-Tropez traditionnellement dure au labeur et attachée aux bonnes mœurs. Sa liaison avec Brigitte Bardot (mariée à Roger Vadim) fait alors couler beaucoup d’encre dans la presse people internationale et fait exploser le couple Vadim-Bardot.

il divorce alors avec l’actrice Stéphane Audran, aprés 2 ans de mariage.

Il disparaît totalement durant son service militaire en Allemagne, puis à Alger en Algérie pendant trois longues années qui vont le marquer profondément et arrêter sa carrière durant la guerre d’Algérie (1954 à 1962) où il fait tout pour être réformé, sans succès. Il veut sortir de ce conflit qui lui est insupportable.

En 1961, il épouse la réalisatrice Nadine Marquand, pour qui il tourne de nombreux films.

Revenu à la vie civile, il redevient populaire en jouant de façon magistrale Hamlet de William Shakespeare au théâtre et renoue avec le cinéma en 1959 grâce à Roger Vadim qui lui offre un rôle important dans son nouveau film sulfureux Les Liaisons dangereuses 1960 avec Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Annette Vadim et Boris Vian. Il connait le succès en Italie avec Le Fanfaron de Dino Risi avec Vittorio Gassman, film emblématique de la comédie à l’italienne des années 1960. Il connaît à nouveau la gloire internationale avec Un homme et une femme de Claude Lelouch récompensé en France par la Palme d’or au Festival de Cannes 1966 et aux États-Unis par les Oscars du meilleur film étranger et du meilleur scénario original en 1967.

Il joue également dans des films politiquement engagés contre le fascisme et la dictature : Le Combat dans l’île d’Alain Cavalier en 1962 et Z de Costa-Gavras avec Yves Montand, rôle pour lequel il reçoit le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes de 1969.

Il enchaîne une impressionnante carrière entre cinéma d’auteur, films grand public et théâtre où il prend souvent des rôles d’antihéros au charisme envoûtant et à la voix de velours tourmentée et sarcastique. Il s’impose parmi les plus grands comédiens de sa génération.

En 1968, il est récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival du film de Berlin (Berlinale) pour L’Homme qui ment d’Alain Robbe-Grillet. L’année suivante, il donne la réplique à Françoise Fabian dans un film qui devient rapidement un classique : Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer. En 1970, Trintignant interprète ce qu’il considère comme son plus beau rôle3, celui de Marcello Clerici dans Le Conformiste, un film de Bernardo Bertolucci adaptant un roman de Moravia et considéré aujourd’hui comme un des meilleurs films du cinéaste.

Pendant les années qui suivent, Trintignant tourne beaucoup, en France (Le Voyou de Claude Lelouch; La Course du lièvre à travers les champs tourné au Québec par René Clément, Les Violons du bal, œuvre autobiographique de Michel Drach, Le Secret de Robert Enrico avec Philippe Noiret et Marlène Jobert, Flic Story de Jacques Deray où il partage l’affiche avec Alain Delon) mais aussi occasionnellement en Italie (La Femme du dimanche de Luigi Comencini, La Terrasse de Ettore Scola). Il se voit également offrir par Bertolucci le rôle principal du film Le Dernier Tango à Paris, qu’il refuse et qui sera finalement attribué à Marlon Brando.

Trintignant aborde aussi la mise-en-scène une première fois en 1973 avec la comédie d’humour noir Une Journée bien remplie, mettant en vedette Jacques Dufilho, puis une seconde et dernière fois en 1979 avec Le Maître-nageur, une fable dont le ton sardonique se situe dans la même veine que celui d’Une Journée bien remplie.

Le film Ça n’arrive qu’aux autres, dans lequel Jean-Louis Trintignant devait jouer son propre rôle auprès de Catherine Deneuve est inspiré de sa vie avec Nadine Marquand et du deuil de leur fille Pauline.

Il suit des cours de pilotage automobile de toutes les écoles de pilotage françaises et court un temps comme pilote automobile professionnel. Il participe à plusieurs rallyes et courses en circuits notamment pour l’équipe du Star Racing Team sur Simca 1000 Rallye.

Le début des années 1980 est assez actif pour Trintignant, alors qu’il apparait dans plusieurs films dont Malevil de Christian de Chalonge, un rare exemple de film d’anticipation tourné en France; ou Eaux Profondes, un drame psychologique de Michel Deville inspiré d’un roman de Patricia Highsmith. Il tient également un rôle plus secondaire dans Le Grand pardon, un film de gansters réalisé par Alexandre Arcady et qui connait un bon succès .

En 1983, aux côtés de Fanny Ardant, il tourne pour la première fois sous la direction de François Truffaut dans ce qui sera le dernier film du célèbre metteur-en-scène : Vivement dimanche !, une comédie policière dans laquelle Trintignant incarne un agent immobilier injustement soupçonné de meurtre. Il renoue aussi avec Claude Lelouch grâce à Viva la vie.

En 1986, Claude Lelouch lui propose de reprendre son rôle de coureur automobile dans Un homme et une femme : Vingt ans déjà dans lequel il retrouve Anouk Aimée. Le film est cependant loin de connaitre le succès de son prédécesseur.

Dans les années 1980, âgé de 50 ans, il se retire dans sa maison d’Uzès dans le Gard. Il se dit lassé par le cinéma, refuse plusieurs projets et se fait plus rare même s’il revient de temps à autre essentiellement dans des seconds rôles comme dans La Femme de ma vie de Régis Wargnier.

Dans les années 1990, il aborde des personnages misanthropes et cyniques, murés dans leur solitude.

En 1994, il tient un rôle remarqué dans Trois Couleurs : Rouge de Krzysztof Kieślowski et Regarde les hommes tomber, le premier film de Jacques Audiard. Il apparaît également dans Fiesta de Pierre Boutron, qui évoque l’endurcissement des jeunes combattants franquistes durant la Guerre d’Espagne.

Il disparaît des écrans, privilégiant le théâtre et de nouvelles activités. En 1998, il fait une exception en acceptant de tourner avec Patrice Chéreau dans Ceux qui m’aiment prendront le train.

En 2003, il lit sur scène derrière son pupitre les Poèmes à Lou (lettre d’amour du poète Guillaume Apollinaire à sa bien aimée Lou) avec sa fille Marie Trintignant.

En 2005, en hommage à sa fille Marie, tuée deux ans auparavant, il présente son spectacle Jean-Louis Trintignant lit Apollinaire, créé avec elle, au Festival d’Avignon. La même année, il forme un duo mémorable avec Roger Dumas dans la pièce Moins 2, écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit au Théâtre Hébertot.

En 2011, accompagné de Daniel Mille à l’accordéon et de Grégoire Korniluk au violoncelle, il présente au théâtre de l’Odéon son spectacle « Trois poètes libertaires » : Boris Vian, Jacques Prévert et Robert Desnos qu’il a déjà rodé en province en 2010 et qu’il poursuit en tournée, principalement française, en 2012 et 2013.

Après 10 ans d’absence au cinéma, depuis son apparition dans Janis et John de Samuel Benchetrit, il revient en 2012 sur le grand écran, au côté d’Emmanuelle Riva, dans Amour de Michael Haneke, drame intimiste et universel sur la maladie, la vieillesse et la mort récompensé par la Palme d’or au 65e Festival de Cannes, le César du meilleur film et l’Oscar du meilleur film étranger. il reçoit, en 2013, le César du meilleur acteur pour cette œuvre dans laquelle il incarne un octogénaire contraint de s’occuper et d’assister, impuissant, à la lente agonie de son épouse, victime de deux accidents vasculaires cérébraux.

Publications

– Du côté d’Uzès, entretiens avec André Asséo, Le Cherche midi, 2012
– La Passion tranquille, entretiens avec André Asséo, 2002
– Un homme à sa fenêtre, propos recueillis par Michel Boujut, J.-C. Simoën éditeur, 1977
– Une journée bien remplie : un film, collection Filmothèque, Seghers, 1973
– Jean-Louis Trintignan, de Philippe Durant, First, 2017
– Jean-Louis Trintignant – L’inconformiste, de Vincent Quivy, Points, 2017

Filmographie comme réalisateur et scénariste

1979 Le maître-nageur
1973 Une journée bien remplie

Filmographie comme scénariste

1993 L’oeil écarlate de Dominique Roulet

Filmographie comme acteur

2017 Happy End de Michael Haneke
2012 Amour de Michael Haneke
2005 Galilée ou L’amour de Dieu (TV) (voix) de Jean-Daniel Verhaeghe
2004 Immortel (ad vitam) (voix) d’Enki Bilal
2003 Janis et John de Samuel Benchetrit
1998 Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau
1996 Un homme est tombé dans la rue de Dominique Roulet
1996 Tykho Moon d’Enki Bilal
1996 L’insoumise (TV) de Nadine Trintignant
1996 Un héros très discret de Jacques Audiard
1996 C’est jamais loin d’Alain Centonze
1995 Fiesta de Pierre Boutron
1995 La cité des enfants perdus (voix) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet
1994 Trois couleurs: Rouge de Krzysztof Kieslowski
1994 Rêveuse jeunesse (TV) (Récitant du texte de Paul Éluard) de Nadine Trintignant
1994 Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard
1993 L’interdiction (TV) de Jean-Daniel Verhaeghe
1993 L’oeil écarlate de Dominique Roulet
1993 L’instinct de l’ange de Richard Dembo
1992 Le Grand Pardon II d’Alexandre Arcady
1992 La controverse de Valladolid (TV) de Jean-Daniel Verhaeghe
1991 ‘Merci la vie’ de Bertrand Blier
1990 Pour un oui ou pour un non (TV) de Jacques Doillon
1990 Julie de Carneilhan (TV) de Christopher Frank
1989 Bunker Palace Hôtel d’Enki Bilal
1987 La vallée fantôme d’Alain Tanner
1987 Le moustachu de Dominique Chaussois
1986 La femme de ma vie de Régis Wargnier
1986 Un homme et une femme, 20 ans déjà de Claude Lelouch
1986 15 août (Short) de Nicole Garcia
1985 L’homme aux yeux d’argent de Pierre Granier-Deferre
1985 Sortüz egy fekete bivalyért de László Szabó
1985 Rendez-vous d’André Téchiné
1985 Partir, revenir de Claude Lelouch
1985 L’été prochain de Nadine Trintignant
1984 Viva la vie de Claude Lelouch
1984 Femmes de personne de Christopher Frank
1984 Le bon plaisir de Francis Girod
1983 Under Fire de Roger Spottiswoode
1983 La crime de Philippe Labro
1983 Vivement dimanche! de François Truffaut
1983 Credo (TV) de Jacques Deray
1982 La nuit de Varennes d’Ettore Scola
1982 Boulevard des assassins de Boramy Tioulong
1982 Le grand pardon d’Alexandre Arcady
1982 Colpire al cuore de Gianni Amelio
1981 Eaux profondes de Michel Deville
1981 Une affaire d’hommes de Nicolas Ribowski
1981 Malevil de Christian de Chalonge
1981 Passione d’amore d’Ettore Scola
1981 Un assassin qui passe de Michel Vianey
1980 Je vous aime de Claude Berri
1980 La banquière de Francis Girod
1980 La terrazza d’Ettore Scola
1979 Melancoly Baby de Clarisse Gabus
1979 Le maître-nageur de Jean-Louis Trintignant
1978 L’argent des autres de Christian de Chalonge
1977 L’affaire de Pasquale Squitieri
1977 Repérages de Michel Soutter
1977 Les passagers de Serge Leroy
1976 Il deserto dei tartari de Valerio Zurlini
1976 Le voyage de noces de Nadine Trintignant
1976 L’ordinateur des pompes funèbres de Gérard Pirès
1975 La donna della domenica de Luigi Comencini
1975 Il pleut sur Santiago d’Helvio Soto
1975 Flic Story de Jacques Deray
1975 L’agression de Gérard Pirès
1975 Le jeu avec le feu d’Alain Robbe-Grillet
1974 Le secret de Robert Enrico
1974 L’escapade de Michel Soutter
1974 Le mouton enragé de Michel Deville
1974 Glissements progressifs du plaisir d’Alain Robbe-Grillet
1974 Les violons du bal de Michel Drach
1973 Le train de Pierre Granier-Deferre
1973 Défense de savoir de Nadine Trintignant
1973 Une journée bien remplie ou Neuf meurtres insolites dans une même journée par un seul homme dont ce n’est pas le métier de Jean-Louis Trintignant
1972 Un homme est mort de Jacques Deray
1972 L’attentat d’Yves Boisset
1972 La course du lièvre à travers les champs de René Clément
1971 Sans mobile apparent de Philippe Labro
1971 L’opium et le baton d’Ahmed Rachedi
1970 le voyou de Claude Lelouch
1970 Las secretas intenciones d’Antonio Eceiza
1970 Il conformista de Bernardo Bertolucci
1970 Remparts d’argile de Jean-Louis Bertuccelli
1969 Così dolce… così perversa d’Umberto Lenzi
1969 L’américain de Marcel Bozzuffi
1969 Le voleur de crimes de Nadine Trintignant
1969 Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer
1969 Metti, una sera a cena de Giuseppe Patroni Griffi
1969 Z de Costa-Gavras
1968 La société est une fleur carnivore (Court-métrage) de Guy Chalon et Gérard Gozlan
1968 La matriarca de Pasquale Festa Campanile
1968 Il grande silenzio de Sergio Corbucci
1968 L’homme qui ment d’Alain Robbe-Grillet
1968 Les biches de Claude Chabrol
1968 La morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi
1967 Col cuore in gola de Tinto Brass
1967 Un homme à abattre de Philippe Condroyer
1967 Mon amour, mon amour de Nadine Trintignant
1966 Paris brûle-t-il? de René Clément
1966 Safari diamants de Michel Drach
1966 Un homme et une femme de Claude Lelouch
1966 La longue marche d’Alexandre Astruc
1966 Un garçon, une fille. Le dix-septième ciel de Serge Korber
1966 Trans-Europ-Express d’Alain Robbe-Grillet
1965 Fragilité, ton nom est femme (Court-métrage) de Nadine Trintignant
1965 Le train bleu s’arrête 13 fois (TV)
– Lyon: marché en main
1965 Compartiment tueurs de Costa-Gavras
1965 Merveilleuse Angélique de Bernard Borderie
1965 Io uccido, tu uccidi de Gianni Puccini
1965 La bonne occase de Michel Drach
1964 L’enfer d’Henri-Georges Clouzot
1964 Mata Hari, agent H21 de Jean-Louis Richard
1964 Les siffleurs d’Eino Ruutsalo
1964 Avatar (TV) de Lazare Iglesis
1964 Les pas perdus de Jacques Robin
1963 L’un d’entre vous (TV) de Lazare Iglesis
1963 Château en Suède de Roger Vadim
1963 Il successo de Mauro Morassi et Dino Risi (non crédité)
1962 Il sorpasso de Dino Risi
1962 Le combat dans l’île d’Alain Cavalier
1962 Les sept péchés capitaux de Philippe de Broca, Claude Chabrol, Jacques Demy, Sylvain Dhomme, Max Douy, Jean-Luc Godard, Édouard Molinaro et Roger Vadim
1962 Horace 62 d’André Versini
1962 Un jour à Paris (Court-métrage) de Serge Korber
1961 Le jeu de la vérité de Robert Hossein
1961 Le coeur battant de Jacques Doniol-Valcroze
1961 Le puits aux trois vérités de François Villiers
1961 Antinea, l’amante della città sepolta de Giuseppe Masini, Edgar G. Ulmer et Frank Borzage (non crédité)
1961 Pleins feux sur l’assassin de Georges Franju
1960 Austerlitz d’Abel Gance
1960 La millième fenêtre de Robert Ménégoz
1959 Parfois le dimanche (Court-métrage) d’Adonis Kyrou et Raoul Sangla
1959 Estate violenta de Valerio Zurlini
1959 Les liaisons dangereuses de Roger Vadim
1956 Club de femmes de Ralph Habib
1956 Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim
1956 La loi des rues de Ralph Habib
1956 Si tous les gars du monde… de Christian-Jaque
1955 L’assassin a pris le métro (TV) de François Chatel
1955 Pechiney (Court-métrage) de Marcel Ichac