Jacques Brunius, nom d’artiste de Jacques Henri Cottance, est un acteur, réalisateur, homme de radio et écrivain français, né à Paris le 16 septembre 1906, mort à Exeter (Angleterre) le 24 avril 1967.

Suivant les films et les textes, il est crédité sous différents pseudonymes : Borel, Jacques Borel, Brunius, J.B. Brunius, Jacques B. Brunius, Jacques-Bernard Brunius, John La Montagne, Olaf Apollonius, Jacques Berne.

Si la mémoire retient surtout les personnages de l’homme au « bérait » de L’affaire est dans le sac, et celui du canotier entreprenant de Partie de campagne, Brunius fut plus que cela : proche de Jean Renoir, et des frères Jacques et Pierre Prévert, par là membre de la nébuleuse surréaliste qui se tenait à distance du groupe d’André Breton, et fréquentait plutôt la rue du Château puis le groupe Octobre. Il se rapproche du groupe « Contre-attaque » en 1935, puis entre dans le groupe surréaliste en janvier 1936. Il collabore à toutes les revues surréalistes, ne fût-ce que pour un seul numéro, et noue des liens d’amitié avec André Breton, liens qui ne se déferont qu’à la mort de ce dernier.

Pendant la guerre, il est à Londres, journaliste membre de l’équipe des Français parlent aux Français à la BBC. Pour la RTF il traduisit en français la pièce radiophonique de Dylan Thomas, Au bois lacté, dont l’adaptation fut réalisée par Alain Trutat. Il était également ami de E. L. T. Mesens, membre du groupe surréaliste en Angleterre, rédigeant à propos des collages de son ami le texte Rencontres fortuites et concertées. Il publie en 1954 aux éditions Arcanes En marge du cinéma français un recueil d’articles sur le cinéma d’avant-garde en France, vu sous ses aspects poétique, technique, et sémiologique, avec des illustrations de Man Ray ou Denise Bellon.

Il est le fondateur, avec Jean George Auriol, de La Revue du cinéma en 1928. Il a été l’éditeur des épisodes inédits de Vathek.

On lui doit la reconnaissance du Facteur Cheval à Hauterives (Drôme) d’où sa famille était originaire : il fit paraître un article intitulé « Ferdinand Cheval, facteur, constructeur du Palais de l’Idéal » dans la revue belge Variétés en juin 1929, puis ses photos du Palais dans le numéro spécial Le Surréalisme en 1929. Il écrivit ensuite sur lui de nombreux articles (Cahiers d’art, Vu, etc.) et lui consacra son court métrage Violons d’Ingres, présenté à l’exposition universelle de New York en mai 1939.

Il décède à Exeter (Angleterre) le 24 avril 1967.

Publications

– Dans l’ombre où les regards se nouent. Écrits sur le cinéma, l’art, la politique 1926-1963. Éditions du Sandre, 2016.
– En marge du cinéma français, Arcanes, 1954.
(réédition présentée et commentée par Jean-Pierre Pagliano :Éditions L’Âge d’Homme, 1987)

Bibliographie

– Brunius, de Jean-Pierre Pagliano, L’Age d’Homme, 1987.
– Brunius et le cinéma, Alain Keit, Jean-Michel Place, 1997.

Filmographie comme réalisateur

1953 The Blakes Slept Here réalisation et scénario (court métrage)
1952 Brief City (court métrage Documentaire)
1951 The Changing Face of Europe (Documentaire) (segment « 3 « Somewhere to Live »)
1939 Violons d’Ingres réalisation et scénario (court métrage)
1936 La vie est à nous réalisation et scénario (Documentaire)