« J’ai toujours voulu deux vies – une pour les films, une pour moi. »

Née Greta Lovisa Gustafsson le 18 septembre 1905 à Stockholm, Suède, et décédée le 15 avril 1990 à à New York.

Greta Gustafsson est Élevée dans un quartier ouvrier et populeux, elle n’a pas eu une enfance très heureuse. En 1920, son père décède alors qu’elle n’a que 14 ans. Elle dut quitter l’école pour travailler. En 1921, elle devient modèle pour les magazines du magasin et apparaît également dans quelques-uns de leurs films publicitaires. En 1922, le cinéaste Erik A. Petschler la remarque et lui offre un petit rôle dans le film Pierre le vagabond. Elle démissionne alors de son emploi de vendeuse et saisit sa chance dans cette nouvelle voie qui s’offrait à elle.

Elle s’inscrit à l’académie royale d’art dramatique de Stockholm. L’année suivante, le directeur Gustav Molander, la recommande au metteur en scène Mauritz Stiller. Ce dernier lui confit le rôle de la comtesse Dohna dans La légende de Gosta Berling (c’est à cet occasion que Stiller changea son nom en Greta Garbo, garbo voulant dire en espagnol « la classe, l’élégance »). Mauritz Stiller devient son mentor.

A cette époque, Louis B. Mayer, vice-président de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) prospectait en Europe. Lors d’un passage à Berlin, il visionne La légende de Gösta Berling. Il fut séduit par ce dernier et souhaite signer un contrat le réalisateur. Mais ce dernier n’accepta qu’à condition que Greta ait son contrat pour Hollywood elle aussi. Et ce fut chose faite.

Entre-temps, Greta partit en Allemagne pour jouer un rôle secondaire dans La rue sans joie de Georg Wilhem Pabst.

Une fois à New York, après plusieurs mois d’attente, Garbo passe des tests en studio pas très concluants, car elle ne ressemblait pas à l’archétype de l’actrice hollywoodienne. Louis B. Mayer la surnommait alors « la grosse vache nordique ». Mais devant l’insistance de Stiller, le studio accepta de l’envoyer à Hollywood, moyennant un salaire très bas. Elle suit un régime amaigrissant et elle est relookée, cheveux coupés, lissés, front dégagé, yeux alourdis, sourcils réduits, regard mis en valeur.

C’est alors que la carrière de la jeune Greta prit un tournant inattendu. Ses premières apparitions dans des films muets, tels Le Torrent en 1926, La Tentatrice en 1926, La Chair et le Diable en 1927 ou Anna Karénine en 1928, la propulsèrent en haut de l’affiche. Le renouvellement de son contrat est l’occasion d’un long bras de fer avec Louis B. Mayer et aboutit à ce qu’elle devienne l’actrice la mieux payée d’Amérique. Quant à Stiller, il décida de quitter la MGM, ne sachant pas s’adapter aux exigences des studios hollywoodiens. Il repartit seul en Suède, en espérant que sa protégée rentrerait au pays après avoir tourné quelques films.

Elle ne cessait de tourner, et parmi ses films, quelques-uns ont marqué les esprits : La chair et le diable, Anna Christie, où « Garbo parle » et le public entendit pour la première fois sa voix grave et sensuelle, Mata Hari, qui la consacra séductrice, La Reine Christine, Anna Karénine, Le roman de Marguerite Gautier, et Ninotchka.

Après, l’échec de La femme aux deux visages en 1941, elle décida d’abandonner définitivement le cinéma. Elle refusa alors d’innombrables propositions pour un éventuel retour à l’écran. Cet abandon précoce ne fit que renforcer la légende, laissant ainsi l’image intacte d’un visage jeune et beau qui a tant fait rêver…

En 1951, elle obtint la citoyenneté américaine et reçut, en 1954, un oscar honorifique pour l’ensemble de sa carrière.

Elle passe ensuite les trente dernières années de sa vie entourée d’un cercle d’amis restreint, fuyant sans cesse les objectifs des paparazzi.

Son hygiène de vie était étrange : elle fumait beaucoup, buvait de la vodka et suivait un régime végétarien très strict… Elle erra de palace en palace, achetant de précieux objets d’art et flânant dans les rues de New York ou à Central Park, vêtue de pantalons flottants et de ses fameuses grandes lunettes noires. Vers la fin de sa vie, elle resta recluse dans son appartement luxueux de sept pièces à New York.

Le 15 avril 1990, elle décéda à l’âge de 84 ans à l’hôpital de New York.

– Les Stars, Edgar Morin, Seuil, 2015.
– Greta Garbo: The Mystery of Style, Stefania Ricci, Skira, 2014. (Anglais)
– Un renoncement: Je mourrai en vieux célibataire, René de Ceccatty, Flammarion, 2013.
– Les trois reines d’Hollywood: Greta Garbo, Marlene Dietrich, Marilyn Monroe, de Frank Bertrand, France-Empire, 2013.
– Greta Garbo: Divine Star, David Bret, Robson Press, 2012. (Anglais)
– On ne m’a pas dit d’aimer le cinéma, Jacques Fieschi, Yellow Now, 2010.
– Greta Garbo, de David Robinson, Taschen, 2007.
– Garbo: Portraits d’une légende, Robert Dance et Scott Reisfield, Flammarion, 2005.
– Garbo: Portraits from her private collection, Scott Reisfield et Robert Dance, Rizzoli, 2005. (Anglais)
– Greta Garbo: A Cinematic Legacy, Mark A. Vieira, Abrams, 2005. (Anglais)
– La véritable Greta Garbo, de Bertrand Meyer-Stabley, Pygmalion, 2005.
– Esquisse d’une psychologie du cinéma, de André Malraux, Nouveau Monde, 2003.
– The Golden Girls of Mgm: Greta Garbo, Joan Crawford, Lana Turner, Judy Garland, Ava Gardner, Grace Kelly, and Others,
de Jane Wayne, Da Capo Press, 2003. (Anglais)
– Laterna magica, Ingmar Bergman, Gallimard, 2001.
– Greta Garbo, la dame aux caméras, Jean Lacouture, Liana Levi, 1999.
– Greta Garbo: Biographie, Barry Paris, Seuil, 1998.
– Greta Garbo, de Charles Affron, Ramsay, 1995.
– Garbo: son histoire, Antoni Gronowicz, Le Livre de poche, 1994.
– Greta Garbo, la somnambule, Françoise Ducout, Stock, 1991.
– Greta Garbo, de Henri Agel, Séguier, 1990.
– Garbo: son histoire, Antoni Gronowicz, Presses de la Renaissance, 1990.
– Greta Garbo : photographies 1920-1951, Klaus-Jürgen Sembach, Schirmer Mosel, 1990.
– The Man Who Shot Garbo: The Hollywood Photographs of Clarence Sinclair Bull,
– Terence Pepper, Simon & Schuster, 1989. (Anglais)
– Garbo, de Patrick Brion, Chêne, 1989.
– Greta Garbo, la somnambule, Françoise Ducout, Ramsay, 1986.
– Garbo, de Alexander Walker, Editions du Fanal, 1981.
– La Femme à l’écran: De Garbo à Jane Fonda, de Molly Haskell, Seghers, 1977.
– Greta Garbo, Collectif, Henri Veyrier, 1976.
– Greta Garbo, de Robin Livio, Denoël, 1972.
– Greta Garbo, de John Bainbridge, Julliard, 1956.

Filmographie

1941 Two-Faced Woman de George Cukor
1939 Ninotchka d’Ernst Lubitsch
1937 Conquest de Clarence Brown et Gustav Machatý (non crédité)
1936 Camille de George Cukor
1935 Anna Karenina de Clarence Brown
1934 The Painted Veil de Richard Boleslawski
1933 Queen Christina de Rouben Mamoulian
1932 As You Desire Me de George Fitzmaurice (non crédité)
1932/I Grand Hotel d’Edmund Goulding
1931 Mata Hari de George Fitzmaurice (non crédité)
1931 Susan Lenox de Robert Z. Leonard (non crédité)
1931 Inspiration de Clarence Brown
1930/II Anna Christie de Jacques Feyder
1930 Romance de Clarence Brown (non crédité)
1930/I Anna Christie de Clarence Brown
1929 The Kiss de Jacques Feyder
1929 The Single Standard de John S. Robertson
1929 Wild Orchids de Sidney Franklin
1928 A Woman of Affairs de Clarence Brown
1928 The Mysterious Lady de Fred Niblo
1928 The Divine Woman de Victor Sjöström
1927 Love d’Edmund Goulding et John Gilbert (non crédité)
1926 Flesh and the Devil de Clarence Brown
1926 The Temptress de Fred Niblo et Mauritz Stiller (non crédité)
1926 Torrent de Monta Bell (non crédité)
1925 Die freudlose Gasse de Georg Wilhelm Pabst
1924 Gösta Berlings saga de Mauritz Stiller
1923 Kärlekens ögon de John W. Brunius
1922 Luffar-Petter d’Erik A. Petschler
1921 Konsum Stockholm Promo de Ragnar Ring (Court-métrage)
1921 En lyckoriddare de John W. Brunius
1920 Herr och fru Stockholm de Ragnar Ring (Court-métrage)