« L’homme qui veut faire quelque chose doit rester à la vitesse supérieure tout le temps. »

Douglas Elton Ullman dit Douglas Fairbanks, Sr (23 mai 1883, Denver, Colorado – 12 décembre 1939, Santa Monica, Californie) est un acteur, réalisateur et scénariste de cinéma américain, devenu célèbre pour ses rôles dans des films de cape et d’épée muets comme Le Signe de Zorro, Les Trois Mousquetaires, Robin des Bois ou Le Voleur de Bagdad.

Il fut un moment surnommé The King of Hollywood et fait partie des premières « étoiles » de l’histoire du cinéma.

Douglas Elton Ullman est né à Denver, Colorado, Son père, qui était né dans une famille juive en Pennsylvanie, était un avocat renommé de New York et sa a mère catholique. Elle avait auparavant épousé un homme du nom de John Fairbanks, qui la laissa veuve. Vers 1881, Charles Ullman se porta acquéreur de plusieurs intérêts miniers dans les Montagnes Rocheuses et fit déménager la famille vers Denver, où il installa son nouveau cabinet. Puis Ullman abandonna la famille alors que Douglas avait cinq ans, laissant sa femme s’occuper de ses deux enfants.

Douglas Fairbanks commence très tôt à jouer sur scène à Denver, dans le théâtre amateur. Il joue dans des représentations estivales du Elitch Gardens Theatre, où il fait sensation dans son adolescence. Il fréquente le lycée de l’East Denver, d’où il est un jour renvoyé pour avoir déguisé les statues du campus le jour de la St. Patrick. Il quitte l’établissement la dernière année. Il dit avoir été étudiant à la Colorado School of Mines, puis à l’Université Harvard mais aucun registre ne contient son nom. Toutefois, un article à ce sujet rapporta le témoignage d’un professeur des Mines qui évoquait le renvoi du futur acteur peu après son arrivée.

Il part s’installer à New York au début du siècle pour exercer son métier d’acteur, où il rejoint la troupe de l’acteur anglais Frederick Warde qui avait découvert Fairbanks sur scène à Denver. Mais il est d’abord vendeur dans une quincaillerie et employé d’un bureau de Wall Street avant ses débuts à Broadway en 1902.

Le 11 juillet 1907 à Watch Hill Rhode Island, il épouse Anna Beth Sully (1888-1967), la fille d’un riche industriel, Daniel J. Sully. Ils auront un fils, Douglas Elton Fairbanks, qui deviendra lui aussi acteur à succès. La famille part pour Hollywood en 1915.

Fairbanks signe un contrat avec la Triangle Pictures en 1915 et commence à travailler sous la direction de D. W. Griffith. Dès son premier film, Le Timide (The Lamb), il fait la démonstration de ses grandes qualités athlétiques qui le fera remarquer par le public. Mais ses prouesses ne sont pas du goût de Griffith, et il attire plutôt l’attention de Anita Loos et John Emerson, qui vont écrire et réaliser ses premières comédies romantiques. En 1916, il fonde sa première compagnie, la Douglas Fairbanks Film Corporation3 et trouve du travail à la Paramount.
En 1918, Fairbanks est l’acteur le plus populaire d’Hollywood.

Il s’éprend de l’actrice Mary Pickford qu’il rencontre dans une soirée en 1916. L’année suivante, le nouveau couple s’associe à Charlie Chaplin, un ami proche2, pour parcourir le pays en train afin de vendre des coupons de soutien à l’engagement dans la Première Guerre mondiale. Pickford et Chaplin sont alors les deux stars les plus payées d’Hollywood. La réussite éclair de Fairbanks lui permettra rapidement de rejoindre le troisième rang. Mais dans le but de réduire les salaires élevés de ces trois grandes stars, les grands studios tentent de monopoliser les distributeurs et les exploitants de salles.

Le 1er décembre 1918 à la Nouvelle-Rochelle, sa femme obtient un décret de divorce ainsi que la garde de leur fils. Ils seront officiellement divorcés le 5 mars 1919.

En 1919, pour éviter le contrôle des studios et pour protéger leur indépendance, Fairbanks, Charles Chaplin, D.W. Griffith et Mary Pickford fondent la société de distribution United Artists qui leur procure une complète liberté artistique et de plus grands profits. La compagnie devra une grande partie de son bénéfice aux succès des films de Fairbanks.

Il est déterminé à épouser Mary Pickford, mais elle est alors encore mariée à l’acteur Owen Moore. Tous deux soucieux de la mauvaise publicité que leur apporterait leur liaison extra-conjugale, il lui soumet un ultimatum et elle obtient un divorce rapide dans la petite ville de Minden (Nevada) le 2 mars 1920. Fairbanks loue Grayhall, sa villa de Beverly Hills qu’il aurait utilisée pendant sa cour à l’actrice.

Le divorce de Mary avec Owen Moore étant prononcé le 2 mars 1920, elle épouse Fairbanks le 28 mars. Le ton de leur lune de miel en Europe fut donné par une violente bousculade à Londres où des fans de l’actrice tentèrent de toucher ses vêtements et ses cheveux (elle fut sortie de sa voiture et violemment piétinée). À Paris, une émeute similaire eut lieu sur un marché, où l’actrice fut contrainte de se réfugier dans un conteneur à viande. Pour leur retour triomphal à Hollywood, une foule en liesse les attend pour les acclamer à chaque station ferroviaire du pays. À la suite d’une série de films de cape et d’épée à grand succès, comme Le Signe de Zorro, Douglas Fairbanks acquiert une image encore plus héroïque et romantique, tandis que Pickford continue d’incarner la « fille d’à-côté » vertueuse mais enflammée. Même dans les soirées privées, les gens se lèvent spontanément lorsqu’elle entre dans la pièce ; le couple est souvent qualifié d’« Hollywood royalty ». Leur gloire internationale est si grande que les dignitaires et les chefs d’État étrangers en visite à la Maison Blanche demandent souvent s’il leur est possible de visiter Pickfair, l’immense manoir du couple à Beverly Hills.

Les dîners à Pickfair resteront légendaires. Charlie Chaplin, le meilleur ami de Fairbanks, y est souvent présent. Pickford et Fairbanks sont les premiers acteurs à laisser leur empreinte dans le ciment du Grauman’s Chinese Theatre (l’actrice y laissa aussi l’empreinte de ses pieds). Mais la nature publique et exposée de leur mariage va finalement le tendre jusqu’au point de rupture. Tiraillés par l’exigence de leurs activités, ils se voient de moins en moins. Lorsqu’ils ne travaillent pas pour le cinéma, ils passent leur temps en représentation permanente, tels des ambassadeurs officieux de l’Amérique dans les parades, les cérémonies d’inauguration et les discours publics. Les pressions s’intensifient avec le déclin de leurs carrières à l’avènement du cinéma parlant. L’infatigable acteur trouve du réconfort en parcourant les mers du monde alors que l’actrice est casanière. Leur relation est définitivement plombée par la romance de l’acteur avec Sylvia Ashley au début des années 1930, qui entraîne une longue séparation puis le divorce le 10 janvier 1936. Douglas Fairbanks Jr. déclara que son père et Mary Pickford regretteront leur incapacité à se réconcilier jusqu’à la fin de leurs vies.

Il meurt des suites d’une crise cardiaque le 12 décembre 1939 à Santa Monica.

Bibliographie

– Douglas Fairbanks: The Fourth Musketeer,
de Ralph Hancock, Letitia Fairbanks et Kelley Smoot Garrett, Lyons Press, 2019. (Anglais)
– The First King of Hollywood: The Life of Douglas Fairbanks, de Tracey Goessel, Chicago Review Press, 2015. (Anglais)
– Douglas Fairbanks, de Jeffrey Vance, Tony Maletta et Robert Cushman, University of California Press, 2008. (Anglais)
– Douglas Fairbanks, de Jeffrey Vance, University of California Press, 2008. (Anglais)
– Douglas Fairbanks, In His Own Words: From the archives of The Douglas Fairbanks Museum
de Douglas Faibanks, iUniverse, 2006. (Anglais)
– Douglas Fairbanks: ou La nostalgie de Hollywood, de Charles Ford, France-Empire, 1980.
– Anthologie du cinéma, tome 5, Collectif, L’Avant-Scène Cinéma, 1970.
– Douglas Fairbanks, de Bernard Eisenschitz, L’Avant-Scène Cinéma, 1969.

Fimographie comme réalisateur

1931 Around the World with Douglas Fairbanks (Documentaire)
1918 Arizona

Fimographie comme scénariste

1961 The Thief of Baghdad (as Douglas Fairbanks Sr.)
1932 Mr. Robinson Crusoe (sous le nom de Elton Thomas) de A. Edward Sutherland
1929 The Iron Mask (sous le nom de Elton Thomas) de Allan Dwan
1927 The Gaucho (sous le nom de Elton Thomas) de de F. Richard Jones
1926 The Black Pirate (sous le nom de Elton Thomas) de Albert Parker
1924 The Thief of Bagdad (sous le nom de Elton Thomas) de Raoul Walsh
1922 Robin Hood (sous le nom de Elton Thomas) de Allan Dwan
1921 The Three Musketeers (non crédité) de Fred Niblo
1921 The Nut (sous le nom de Elton Thomas) de Theodore Reed
1920 The Mark of Zorro (non crédité) de Fred Niblo
1920 The Mollycoddle (non crédité) de Victor Fleming
1919 When the Clouds Roll by (non crédité) de Victor Fleming
1919 His Majesty, the American (sous le nom de Elton Banks) de Joseph Henabery
1919 The Knickerbocker Buckaroo (sous le nom de Elton Banks) de Albert Parker
1918 Arizona de Douglas Fairbanks et Albert Parker
1918 Bound in Morocco (sous le nom de Elton Thomas) de Allan Dwan
1917 The Man from Painted Post de Joseph Henabery
1917 Down to Earth de John Emerson
1916 The Good Bad Man de Allan Dwan

Fimographie comme acteur

1937 Ali Baba Goes to Town (non crédité) de David Butler
1934 Les Quarante ans de Don Juan d’Alexander Korda
1932 Mr. Robinson Crusoe d’A. Edward Sutherland
1930 Pour décrocher la lune d’Edmund Goulding
1930 Terra Melophon Magazin Nr. 1 (Court-métrage) (episode « Welches ist ihr Typ ») de Rudolf Biebrach
1929 La Mégère apprivoisée de Sam Taylor
1929 The Iron Mask d’Allan Dwan
1928 Show People (non crédité) de King Vidor
1927 The Gaucho de F. Richard Jones
1926 The Black Pirate d’Albert Parker
1925 Ben-Hur: A Tale of the Christ (non crédité) de Fred Niblo, Charles Brabin (non crédité), Christy Cabanne (non crédité), J.J. Cohn (non crédité) et Rex Ingram (non crédité)
1925 Don Q Son of Zorro de Donald Crisp
1924 The Thief of Bagdad de Raoul Walsh
1922 Robin Hood d’Allan Dwan
1921 The Three Musketeers de Fred Niblo
1921 The Nut de Theodore Reed
1920 The Mark of Zorro de Fred Niblo
1920 The Mollycoddle de Victor Fleming
1919 When the Clouds Roll by de Victor Fleming
1919 His Majesty, the American de Joseph Henabery
1919 The Knickerbocker Buckaroo d’Albert Parker
1918 Swat the Kaiser (Court-métrage) de Joseph Henabery
1918 Arizona de Douglas Fairbanks et Albert Parker (non crédité)
1918 Sic ‘Em, Sam (Court-métrage) d’Albert Parker
1918 He Comes Up Smiling d’Allan Dwan
1918 Bound in Morocco d’Allan Dwan
1918 Say! Young Fellow de Joseph Henabery
1918 Mr. Fix-It d’Allan Dwan
1918 Headin’ South d’Allan Dwan et Arthur Rosson
1917 A Modern Musketeer d’Allan Dwan
1917 Reaching for the Moon de John Emerson
1917 All-Star Production of Patriotic Episodes for the Second Liberty Loan
1917 The Man from Painted Post de Joseph Henabery
1917 Down to Earth de John Emerson
1917 Wild and Woolly de John Emerson
1917 In Again, Out Again de John Emerson
1916 The Americano de John Emerson
1916 The Matrimaniac de Paul Powell
1916 American Aristocracy de Lloyd Ingraham
1916 Manhattan Madness d’Allan Dwan
1916 Intolerance: Love’s Struggle Throughout the Ages de D.W. Griffith
1916 The Half-Breed d’Allan Dwan
1916 Flirting with Fate de Christy Cabanne
1916 The Mystery of the Leaping Fish (Court-métrage) de John Emerson
1916 Reggie Mixes In de Christy Cabanne
1916 The Good Bad Man d’Allan Dwan
1916 The Habit of Happiness d’Allan Dwan
1916 His Picture in the Papers de John Emerson
1915 Double Trouble de Christy Cabanne
1915 Martyrs of the Alamo (non confirmé, non crédité) de Christy Cabanne
1915 The Lamb de Christy Cabanne