« Le plus grand art au monde est l’art de la narration. »

Cecil Blount DeMille, plus couramment appelé Cecil B. DeMille, est un réalisateur et producteur américain, né le 12 août 1881 à Ashfield (Massachusetts) et mort le 21 janvier 1959 à Los Angeles.

Il s’inscrit dans un cours d’art dramatique à New York et obtint son diplôme en 1900, devient acteur, puis administrateur au sein de la Société américaine de théâtre, il rencontra Jesse L. Lasky, un producteur de vaudevilles et d’opérettes.

Arrivé à Hollywood en 1913, Il fonda avec Jesse L. Lasky et Samuel Goldwyn une société de production cinématographique (l’ancêtre de la Paramount) et réalisa en 1914 le premier film tourné à Hollywood, Le Mari de l’Indienne. Grâce à ses nombreuses comédies vaudevillesques, avec Gloria Swanson notamment, il devint l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma muet dans les années 1920. Il se spécialisa ensuite dans les films d’aventures et historiques, tels que Le Signe de la Croix, Les Croisades, Les Tuniques écarlates (son premier film en Technicolor), Les Naufrageurs des mers du sud, Les Conquérants d’un nouveau monde, Sous le plus grand chapiteau du monde ou Les Dix Commandements.

Pionnier de son art et producteur indépendant, Cecil B. DeMille fut l’un des rares metteurs en scène à bénéficier d’une totale liberté artistique tout au long de sa carrière, et fut l’un des premiers à envisager le cinéma comme un divertissement pour le grand public. Grand directeur de foules, il sut imposer un style propre et reconnaissable3. Républicain, fervent garant des valeurs morales de l’Amérique puritaine, il transgressa pourtant les règles de moralité imposées au cinéma par le code Hays dans plusieurs de ses films, contenant des scènes de sensualité exacerbée (Le Signe de la croix) ou de métaphores à caractère érotique (Cléopâtre).

En 1923, DeMille entreprit la réalisation d’un film aux moyens colossaux : Les Dix Commandements : deux mille cinq cents figurants, trois mille animaux, un budget de près de 1 500 000 dollars. Énorme succès, le film en rapporta trois fois plus.

En 1949, Samson et Dalila marqua son retour au péplum biblique. L’année suivante, il interpréta son propre rôle dans le célèbre Boulevard du crépuscule de Billy Wilder aux côtés de Gloria Swanson, incarnant une ancienne star du muet préparant son retour.

En 1952 sortit Sous le plus grand chapiteau du monde, premier grand rôle de Charlton Heston au cinéma. Le film, qui raconte les mésaventures d’un cirque en tournée, remporta notamment l’Oscar du meilleur film en 1953 et reçu un très bon accueil du public, et d’une partie de la critique.

Pour son ultime film, un remake de sa propre œuvre de 1923, Les Dix Commandements, des moyens colossaux furent déployés : plus de trois ans d’écriture, des mois de repérage, 15 000 animaux, près de 20 000 figurants, sept mois de tournage dont plusieurs séquences ont été tournées en Égypte. Déjà âgé, le réalisateur fut victime d’une crise cardiaque, mais revint le lendemain pour terminer son travail. Le film, qui fut présenté à New York le 9 novembre 1956, fut un triomphe mondial et plusieurs scènes appartiennent aujourd’hui à la légende de cinéma (l’Exode ou l’ouverture de la mer Rouge).

Si son nom reste aujourd’hui associé excessivement à l’idée de démesure et de gigantisme au cinéma, apparaissant comme le représentant archétypal du film biblique (il n’en tourna pourtant que quatre dans sa carrière), Cecil B. DeMille n’en est pas moins l’un des réalisateurs les plus importants de l’âge d’or du cinéma américain. À l’instar de David W. Griffith ou Charles Chaplin, sa carrière a été décisive et son influence importante sur ses contemporains et les générations de cinéastes suivantes.

Il décède le 21 janvier 1959 à Los Angeles.

Bibliographie en Français

– Cecil B. Demille: The Art of the Hollywood Epic, Cecilia DeMille Presley et Mark A. Vieira, Running Press, 2014. (Anglais)
– Empire of Dreams: The Epic Life of Cecil B. DeMille, Scott Eyman, Simon & Schuster, 2013. (Anglais)
– Cecil B. DeMille : Le Gladiateur de Dieu, Jean-Loup Bourget, PUF, 2013.
– Cecil B. DeMille, l’empereur du mauve, Luc Moullet, Capricci Editions, 2012.
– « Le Canon Cecil B. DeMille : au commencement et à la fin du monde »,
Hollywood classique : Le Temps des géants, Pierre Berthomieu, Rouge profond, 2009
– Cecil B. Demille’s Hollywood, Robert S. Birchard, The University Press of Kentucky, 2004. (Anglais)
– Cecil B. DeMille, le fondateur de Hollywood, Michel Mourlet, Durante, 2002.
– Sur un art ignoré : La Mise en scène comme langage, Michel Mourlet, Ramsay Poche Cinéma, 2008.
– « Cecil Blount DeMille », 50 ans de cinéma américain,
Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon, Omnibus, 1995.
– Collectif, « Sur Cecil B. DeMille », Les Cahiers du cinéma, no 450, décembre 1991.
– Anthologie du cinéma, tome 3, Collectif, L’Avant-Scène Cinéma, 1968.
– Cecil B. DeMille, Michel Mourlet, Seghers, 1967.
– Cecil B. DeMille, Charles Ford, L’Avant-Scène Cinéma, 1967.

Filmographie

1956 Les dix commandements
1952 Sous le plus grand chapiteau du monde
1949 Samson et Dalila
1948 California’s Golden Beginning (Court-métrage)
1947 Les conquérants d’un nouveau monde
1944 L’odyssée du docteur Wassell
1942 Les naufrageurs des mers du sud
1940 Les tuniques écarlates
1939 Pacific Express
1938 Les flibustiers
1936 Une aventure de Buffalo Bill
1935 Les croisades
1934 Cléopâtre
1934 Four Frightened People
1933 La loi de Lynch
1932 Le signe de la croix
1931 Le mari de l’indienne
1930 Madame Satan
1929 Dynamite
1929 La fille sans dieu
1928 Nuit de folie de Rupert Julian (non crédité)
1927 Le roi des rois
1926 Le batelier de la Volga
1925 L’empreinte du passé
1925 Le lit d’or
1924 Le tourbillon des âmes
1924 Triomphe
1923 Les dix commandements
1923 La rançon d’un trône
1922 Le réquisitoire
1922 Le détour
1921 Le paradis d’un fou
1921 Le coeur nous trompe
1921 Le fruit défendu réalisation et scénario
1920 L’amour a-t-il un maître?
1920 L’échange
1919 L’admirable Crichton
1919 For Better, for Worse
1919 Après la pluie, le beau temps
1918 Un coeur en exil
1918 Till I Come Back to You
1918 L’illusion du bonheur
1918 L’échange
1918 Le rachat suprême
1917 Le talisman
1917 Nan of Music Mountain de George Melford (non crédité)
1917 Les conquérants
1917 La petite américaine réalisation et scénario
1917 La bête enchaînée réalisation et scénario
1917 Lost and Won de Frank Reicher (non crédité)
1916 Jeanne d’Arc
1916 The Dream Girl
1916 Maria Rosa
1916 Le coeur de Nora Flynn
1916 La piste du pin solitaire réalisation et scénario
1915 Tentation
1915 The Golden Chance réalisation et scénario
1915 Forfaiture (non crédité)
1915 Chimmie Fadden Out West réalisation et scénario
1915 Carmen
1915 Kindling réalisation et scénario
1915 Chimmie Fadden (Court-métrage) réalisation et scénario
1915 The Arab réalisation et scénario
1915 The Wild Goose Chase (Court-métrage)
1915 The Captive réalisation et scénario
1915 The Unafraid (Court-métrage) réalisation et scénario
1915 The Warrens of Virginia
1915 After Five réalisation et scénario
1915 The Girl of the Golden West réalisation et scénario
1914 The Ghost Breaker réalisation et scénario
1914 Rose of the Rancho réalisation et scénario
1914 The Man from Home
1914 What’s His Name réalisation et scénario
1914 The Virginian
1914 The Call of the North
1914 The Man on the Box de Oscar Apfel (non crédité) réalisation et scénario
1914 The Only Son
1914 The Master Mind de Oscar Apfel (non crédité)
1914 Brewster’s Millions
1914 The Squaw Man réalisation et scénario

Filmographie comme scénariste

1925 Raymond ne veut plus de femmes de Paul Iribe et Frank Urson
1916 The Love Mask de Frank Reicher