« je pense que la plus grande tragédie à laquelle j’ai assisté, c’est de voir ce qu’est devenue la télévision au fil des années. »

Brian De Palma est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 11 septembre 1940 à Newark (New Jersey).

Sa carrière alterne les succès et les déceptions et est émaillée de beaucoup de projets non réalisés. Il connait ses premières réussites commerciales avec Phantom of the Paradise ou Carrie au bal du diable. Dans les années 1980 les films Scarface et Les Incorruptibles sont de grands succès, tandis que L’Impasse, dans les années 1990, est un relatif échec commercial mais un succès critique. Par la suite Mission impossible lui permet de reprendre un certain pouvoir dans l’industrie hollywoodienne.

Bien que ses parents soient des catholiques italiens, Brian De Palma est baptisé dans une église presbytérienne. Il grandit ensuite à Philadelphie en Pennsylvanie où ses parents déménagent lorsqu’il a cinq ans puis dans le New Hampshire. Ses parents souhaitant s’intégrer à la société où ils vivent, les enfants sont élevés comme n’importe quels protestants de la classe moyenne. Contrairement à Martin Scorsese, lui aussi italo-américain, il ne ressent pas d’appartenance forte a la communauté italienne.

La famille De Palma est désunie, les parents se disputent beaucoup. Le jeune Brian s’isole souvent dans sa chambre pour lire et s’abstraire de cette ambiance tendue.

Brian De Palma commence en 1958 des études de sciences physiques à l’Université Columbia à Manhattan. Il se réoriente et termine ses études à Columbia sur un diplôme de Bachelor of Arts en 1962.

En 1964, Brian De Palma tourne son premier long-métrage, The Wedding Party, coréalisé avec son professeur et une autre étudiante. De Palma découvre durant le casting Robert De Niro, qui l’impressionne alors qu’il n’a que vingt ans : ce sera son premier rôle.

Après la fin de ses études, Brian De Palma fonde une petite maison de production pour produire des films institutionnels et des documentaires afin de gagner suffisamment d’argent pour produire un long métrage.

Il réalise deux commandes. La première est Bridge That Gap, en 1965, documentaire sur les logements sociaux des noirs à La Nouvelle-Orléans. La seconde est Show me a strong town and I’ll show you a strong bank, documentaire réalisé en 1966. Ce film, une commande du département du Trésor des États-Unis, suit un inspecteur qui fait des visites de contrôle surprise aux banques.

Dans les années 1960, il fréquente la Factory.

De Palma réalise en 1968 son deuxième long-métrage de fiction, Murder à la mod. Le film, qui coûte 50 000 dollars.

De Palma retrouve De Niro dans Greetings (1968), satire qui raconte l’histoire de trois jeunes gens qui veulent éviter de partir au Viêt Nam. Ce film est un succès et reçoit l’Ours d’argent au Festival de Berlin 1969.

Enthousiasmé par une mise en scène de théâtre de Richard Schechner, il réalise en 1970 le documentaire Dionysus in ’69, entièrement en split screen. C’est avec ce film qu’il développe son goût pour les plans longs, il mettra une scène filmée de cette manière dans presque tous les films qu’il fera par la suite.

Grâce au succès de Greetings, le jeune réalisateur est engagé par Warner Bros. pour diriger Get to Know Your Rabbit, son premier film pour un grand studio. Il quitte alors New York pour découvrir Hollywood. Le film traite de la manière dont le capitalisme récupère et neutralise les forces qui cherchent à le contester : un homme quitte son entreprise pour devenir magicien et vivre une vie d’artiste mais il a tellement de succès que tout le monde se met à s’habiller comme lui et à adopter son mode de vie. Mais De Palma ne s’entend pas avec le producteur qui s’oppose aux expérimentations que souhaite faire le réalisateur. Le tournage est une épreuve pour Brian De Palma qui est renvoyé par la Warner et perd tout contrôle sur le montage. Brian de Palma ne verra le film terminé qu’à sa sortie, deux ans plus tard, en 1972, comme n’importe quel spectateur.

En 1973 sort Sœurs de sang et lui permettra d’accéder à une nouvelle reconnaissance, en particulier grâce à une excellente critique qu’en fait la très influente Pauline Kael, du New Yorker, ce qui contribue grandement à lancer la carrière hollywoodienne de Brian De Palma. Avec ce thriller horrifique, il développe certains de ses futurs thèmes fétiches : le double et le voyeurisme (comme dans Body Double en 1985).

En 1974, c’est la consécration avec Phantom of the Paradise, adaptation rock du Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, qui obtient notamment le Grand Prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz 1975. Le film est aussi inspiré par l’expérience de dépossession ressentie par De Palma sur le film Get to Know Your Rabbit où il avait été renvoyé par la Warner.

Il tourne ensuite des thrillers plus psychologiques, dont le mélange de sexualité et de violence devient sa marque de fabrique. Ce « cycle » débute en 1976 avec Obsession, film dont les références à Sueurs froides d’Hitchcock sont innombrables, suivi quelques mois plus tard du film d’horreur Carrie au bal du diable (1976) adapté du roman de Stephen King.

Il accepte la « meilleure offre » qu’on lui fait alors, celle de réaliser Furie, l’adaptation d’un roman de John Farris, ce qui constitue pour lui son « premier vrai film de studio. » Néanmoins Furie ne sera pas un succès suffisant.

Brian de Palma passe ensuite un temps assez long sur un projet d’adaptation du livre de Robert Daley Prince of the City qui raconte l’histoire vraie de Robert Leuci, un policier de la brigade des stupéfiants de New York qui a dénoncé la corruption qui régnait dans sa brigade. Finalement Brian De Palma sera « débarqué du projet » par la production Orion Pictures, ce qui le rend « fou de rage » et le film Le Prince de New York sera réalisé par Sidney Lumet. Les recherches qu’il a faites pour ce film serviront à De Palma pour Blow Out : c’est d’elles que vient le flash back du film du film où le personnage principal travaille pour la police.

À la fin de l’écriture du Prince de New York, dans un moment de frustration, il écrit d’une traite le scénario d’un nouveau thriller, Pulsions, qui sortira en 1980. Le scénario intéresse plusieurs sociétés de productions, ce qui permet à De Palma de le vendre 200 000 dollars, une forte somme pour l’époque et de réaliser le film rapidement.

Alors qu’il est pressenti pour diriger Flashdance, il réalise un nouveau thriller intitulé Blow Out. Le film, très influencé par Blow-Up de Michelangelo Antonioni et Conversation secrète de Francis Ford Coppola, s’inspire de l’Accident de Chappaquiddick pour raconter l’histoire d’un preneur de son qui détient la preuve que l’accident qui a coûté la vie d’un homme politique est en fait un meurtre. Le film est un important échec commercial qui affecte profondément Brian De Palma.

En 1983, il revient au film noir avec Scarface, remake du film homonyme de Howard Hawks sorti en 1932. Dans ce film écrit par Oliver Stone, Al Pacino incarne le personnage de Tony Montana, qui marquera de nombreuses générations.

Brian De Palma réalise ensuite Body Double. S’il s’agit de nouveau d’un film inspiré par Alfred Hitchcock, il arrive dans la carrière de De Palma à un moment où il lui semble avoir suffisamment appris des manières de faire du maître et où il pense avoir trouvé son propre style.

À cette époque, il réalise le seul véritable clip de sa carrière, celui de la chanson Dancing in the Dark de Bruce Springsteen.

Brian De Palma revient ensuite dans l’univers des gangsters avec la comédie Mafia salad qui sort en 1986 aux États-Unis mais pas en France. Le réalisateur qualifiera ce film de « pire expérience de sa carrière ».

Il renoue cependant avec le succès en 1987 avec Les Incorruptibles, où il retrouve également Robert De Niro, dans la peau d’Al Capone. Ce film révèle notamment Andy Garcia et est un des premiers succès publics de Kevin Costner. Sean Connery obtient quant à lui l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle lors de la 60e cérémonie des Oscars.

Grâce aux succès de Scarface et surtout des Incorruptibles, De Palma s’impose comme une personnalité majeure du cinéma américain des années 1980.

En 1989, il change de registre avec le film de guerre Outrages, d’après le roman Casualties of War de Daniel Lang qui relate le viol et le meurtre d’une jeune paysanne vietnamienne en 1966 par des soldats américains. Il y dirige de jeunes acteurs en vogue : Michael J. Fox et Sean Penn. Son film suivant, Le Bûcher des vanités, est lui aussi un échec financier en 1990, et ce malgré la présence de stars comme Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith et Morgan Freeman. Il revient alors au thriller avec le plus modeste L’Esprit de Caïn en 1992, dans lequel John Lithgow incarne un père de famille schizophrène.

En 1993, il tourne L’Impasse. Il a accepté de lire le scénario sur l’insistance d’Al Pacino et du producteur Martin Bregman qui travaillent sur ce projet depuis plusieurs années. Brian De Palma se retrouve dans le personnage principal du film, Carlo Brigante, un homme mort qui se demande comme il a pu en arriver là et revoit les événements qui l’y ont conduit.

À la suite de l’échec commercial relatif de L’Impasse et de films comme Outrages ou Le Bûcher des vanités, Brian De Palma a absolument besoin de réaliser un film à succès pour reprendre du pouvoir et d’assurer son avenir dans le cinéma américain.

Le film se tourne en mars 1994 et la postproduction se termine au printemps 1995, ce que Brian De Palma juge « interminable. » Mission impossible est le film de sa carrière où De Palma jouit de la plus grande liberté.

Après le succès de Mission impossible, Brian De Palma et le scénariste David Koepp souhaitent retravailler ensemble. Le scénariste a l’idée d’un crime qui serait vu de plusieurs points de vue différents. Il situe l’action à Atlantic City, une ville qu’il a fréquentée dans sa jeunesse et qu’il a vu s’enlaidir terriblement avec l’arrivée des casinos, dégradation dont il veut témoigner. C’est ainsi que naît le film Snake Eyes, avec Nicolas Cage et Gary Sinise, qui sort en 1998.

Brian De Palma accepte de se lancer pour la première fois de sa carrière dans la science-fiction en 2000 avec Mission to Mars,

Mission to mars n’est pas très bien reçu par la critique et le public, tout comme Femme Fatale que Brian De Palma tourne deux ans plus tard entre Paris et Cannes, avec de nombreux acteurs français autour d’Antonio Banderas. Malgré ces échecs, il revient au cinéma 4 ans plus tard avec le film noir Le Dahlia noir, adapté du best-seller éponyme de James Ellroy lui-même inspiré du meurtre d’Elizabeth Ann Short. Le film est éreinté par les critiques américaines et françaises et ne totalise que 49 305 248 $ de recettes dans le monde pour un budget de 50 millions de dollars52 !

En 2007, souhaitant travailler en numérique, il réalise le film Redacted53. Il s’inspire de journaux intimes filmés postés sur YouTube par des soldats pour raconter la guerre d’Irak53. Ce film engagé, dénonçant le pouvoir médiatique et la manipulation des images, est selon lui le prolongement de Outrages. Malgré un Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2007, c’est un échec important pour Brian De Palma qui est de plus vivement critiqué dans son pays, notamment pour l’image qu’il présente de l’armée américaine1.

Longtemps absent des plateaux de tournage, il débute à Berlin en mars 2012 le tournage de Passion, remake de Crime d’amour d’Alain Corneau. Le long-métrage est une co-production européenne, et marque non seulement la volonté du cinéaste de s’éloigner du système hollywoodien, mais également, de par son sujet et son ton, d’opérer un retour aux sources. Il livre ainsi un thriller érotique noir et esthétisant, présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2012, et sorti en France en février 2013. Malgré la présence de l’américaine Rachel McAdams en tête d’affiche, c’est un échec commercial. Les critiques européennes sont encore une fois plus indulgentes que les américaines.

Filmographie comme scénariste

2006 Sisters de Douglas Buck

Filmographie comme réalisateur et scénariste

2012 Passion réalisation et scénario
2007 Redacted réalisation et scénario
2006 Le dahlia noir
2002 Femme fatale réalisation et scénario
2001 Bruce Springsteen: The Complete Video Anthology 1978-2000 (Clip « Dancing in the Dark »)
2000 Mission to Mars
1998 Snake Eyes réalisation et scénario
1996 Mission: Impossible
1993 L’impasse
1992 L’esprit de Caïn réalisation et scénario
1990 Le bûcher des vanités
1989 Outrages
1989 Bruce Springsteen: Video Anthology 1978-1988 (Clip « Dancing in the Dark »)
1987 Les incorruptibles
1986 Mafia salad…
1984 Body Double réalisation et scénario
1984 Bruce Springsteen: Dancing in the Dark Clip
1983 Scarface
1981 Blow Out réalisation et scénario
1980 Pulsions réalisation et scénario
1980 Home Movies réalisation et scénario
1978 Furie
1976 Carrie au bal du diable
1976 Obsession réalisation et scénario
1974 Phantom of the Paradise réalisation et scénario
1973 Soeurs de sang réalisation et scénario
1972 Get to Know Your Rabbit
1970 Hi, Mom! réalisation et scénario
1970 Dionysus in ’69
1969 The Wedding Party réalisation et scénario
1968 Greetings réalisation et scénario
1968 Meurtre à la mode réalisation et scénario
1966 Show Me a Strong Town and I’ll Show You a Strong Bank Court-métrage
1966 The Responsive Eye Court-métrage Documentaire
1965 Bridge That Gap Court-métrage
1964 Jennifer Court-métrage
1962 Woton’s Wake Court-métrage
1961 660124: The Story of an IBM Card Court-métrage
1960 Icarus Court-métrage