« Il vaut mieux être haï pour qui vous êtes que d’être aimé pour quelqu’un que vous n’êtes pas. C’est parfois un signe de votre valeur, si vous êtes détesté par les bonnes personnes. »

Bette Davis de son vrai nom : Ruth Elizabeth Davis est née le 5 avril 1908 à Lowell, Massachusetts, USA et décédée le 6 octobre 1989 à Paris. C’est une actrice américaine de cinéma et de télévision.

Ruth Elizabeth Davis grandit dans la banlieue de Boston.
Bette fait ses débuts sur les planches dans le personnage d’une fée, pour Le Songe d’une nuit d’été, pendant ses études. En 1928, elle fait partie d’une troupe théâtrale dirigée par George Cukor et sous sa mise en scène elle monte sur scène.

Remarquée au théâtre par un dénicheur de talents d’Universal Pictures, elle y tourne son premier film, Bad sister (1931).

Après quelques rôles insignifiants dans d’autres studios, elle décide de rentrer à New York pour revenir au Théâtre. C’est alors qu’elle reçoit un coup de téléphone de George Arliss, grand acteur populaire de la Warner à l’époque. Il lui propose un premier rôle, auprès de lui, dans le film The Man who played God (1932), elle accepte.

Suite à ce film, Les frères Warner, lui font signer un contrat de sept ans. Une période qui durera 16 ans et où l’actrice devra lutter quotidiennement pour obtenir de bons rôles dans une firme spécialisée dans les films de gangsters et qui privilégie essentiellement les personnages masculins. Pourtant, Bette Davis n’arrête plus de tourner, on la voit dans vingt cinq films en quatre ans, notamment avec Spencer Tracy dans 20 000 ans sous les verrous (1933) et avec James Cagney dans Jimmy the gent (1935), deux films de Michael Curtiz. En 1934, Bette Davis harcèle, pendant des mois, Jack Warner, un des patrons de la Warner, pour obtenir le rôle de Mildred Rogers dans L’Emprise. Il finit par céder et la « prête » à la RKO. Bette obtient un grand succès critique mais le film est un échec commercial.

Elle fait ensuite une autre composition remarquée de garce dans Ville frontière (1935), avant d’être consacrée dans L’Intruse (1936) pour lequel elle décroche son premier Oscar. Insatisfaite de ses scénarios et après avoir refusé de tourner un film, Bette claque la porte de la Warner et quitte Hollywood pour Londres où on lui propose deux films. Un procès s’engage alors entre elle et la Warner.

Elle le perd mais Jack Warner, magnanime, lui pardonne et paie les frais du procès. Olivia de Havilland aura plus de succès, elle aussi intentera un procès en 1943 contre la Warner et, le gagnera en 1945.

La Warner lui confira des scénarios de meilleure qualité et spécialement pour elle. Son retour à Hollywood se fera dans l’excellent film Femmes marquées (1937) aux cotés d’Humphrey Bogart qui lui permet de prouver à nouveau ses qualités dramatiques. Jack Warner lui propose alors L’insoumise (1938), film qui ressemble étrangement à Autant en emporte le vent. Avec un personnage taillé sur mesure, la star va faire une composition des plus remarquable dans ce somptueux mélodrame dirigé de façon magistrale par le perfectionniste William Wyler. Le film connaît un énorme succès. Elle reçoit un deuxième Oscar et là, commence la grande carrière de Bette Davis.

Une longue série de nominations aux Oscars va également se succéder. La suite est des plus glorieuse, vient l’ère des grands mélodrames où l’actrice va donner le meilleur d’elle-même. Le ton est donné avec le bouleversant drame Victoire sur la nuit (1939), elle est nommée pour la troisième fois aux Oscars. Viennent ensuite deux films historiques en 1939, Juarez et La vie privée d’Elizabeth d’Angleterre, et d’autres mélos comme La Vieille fille (1939), L’Etrangère (1940), Le Grand mensonge (1941) qui lui donnent la place enviée de l’une des dix vedettes d’Hollywood en tête du box-office. Le sommet de cette période est sa collaboration avec William Wyler qui sera des plus réussi, après L’Insoumise elle s’illustre dans les rôles de garces dans La Lettre (1940), elle incarne une meurtrière et dans La Vipère (1941), elle interprète une femme monstrueuse, cupide et manipulatrice ce qui la consacre actrice populaire et reine de la Warner.

Malheureusement des conflits éclatent entre le réalisateur et l’actrice et William Wyler, malgré ces chefs-d’œuvre tournés ensemble, ne tournera plus avec Bette Davis. Un film parachèvera cette période, modèle du genre, Une femme cherche son destin (1942) qui lui vaudra sa sixième nomination. Elle aura encore une septième nomination pour Femme aimée est toujours jolie (1944).

En 1942, elle fonde et dirige Hollywood Canteen, un organisme d’aide aux combattants de la seconde guerre mondiale et paraîtra dans le film du même nom. Elle crée également sa propre maison de production la « B.D. Incorpored » en 1946. La Voleuse avec Glenn Ford est le seul film produit par la firme de Bette Davis.

Après quelques films mineurs, Bette Davis tourne son dernier film à la Warner La Garce (1949) de King Vidor. Le tournage se passe mal avec le réalisateur, au point qu’elle demande un compromis à Jack Warner, elle finira le film à condition qu’il la libère de son contrat avec la Warner Bros. Lassé de ses exigences, le patron de la Warner finit par accepter.

Libre de toute contrainte, la star se remet au travail et pendant le tournage de L’Ambitieuse en 1949 (film qui sortira bien après) on lui propose un rôle magnifique, celui de Margo Channing dans, sans doute le film le plus brillant de sa carrière, Ève (1950) de Joseph L. Mankiewicz. Avec un scénario cynique et subtil relatant les milieux du théâtre, des dialogues caustiques, de grands acteurs comme partenaires (5 sur 14 des nominations aux Oscars iront aux acteurs) et un cinéaste, véritable créateur du film, Eve est certainement le plus parfait des films de Bette Davis qui donnera une interprétation inoubliable. Eve est nominée quatorze fois aux Oscars et remporte 6 statuettes.

Malgré un tel sommet, la carrière de Bette s’effrite au fil des ans et hormis La Star pour qui elle aura sa neuvième nomination, il lui faudra attendre les années soixante pour connaître un renouveau.

En 1961, deux films viendront redorer son blason. Frank Capra, tout d’abord, lui offre Milliardaire pour un jour où elle est drôle, émouvante, grandiose en vieille clocharde au temps de la prohibition et surtout Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich où elle compose, aux cotés d’un autre monstre sacré de la grande époque Joan Crawford, un personnage grand-guignolesque qui lui vaudront un succès retentissant dans le monde entier. Elle est nommée une dixième et dernière fois aux Oscars.

Jack Warner la contacte pour tourner La mort frappe toujours trois fois (1964) avec son ami Paul Henreid, qui fut un de ses partenaires à l’écran, comme réalisateur. Elle fera un deuxième film avec Aldrich Chut…Chut…chère Charlotte (1964).

Elle sera encore admirable dans L’argent de la vieille (1972) de Luigi Comencini et dans Les Baleines du mois d’Août (1987) aux cotés d’une gloire du muet Lillian Gish. La fin de sa carrière sera moins brillante, elle tourne dans beaucoup de films mineurs mais fait de nombreuses incursions au théâtre et à la télévision.

Bette Davis décède à Paris le 6 octobre 1989.

Bibliographie

– Bette Davis: Magnifique et exaspérante, Ed Sikov, Hors Collection, 2008.
– Qu’est-il arrivé à Bette Davis et Joan Crawford ?, Jean Marboeuf, TriArtis, 2008.
– Gnomes of the Silver Screen, Andrew Davies, Robson Press, 2005. (Anglais)
– Bette Davis : Cannes 1951, Gérard Pangon et N. T. Binh, Arte / Mille et une nuits, 1997.
– Bette Davis: Sa carrière, ses films, Isabelle Champion, Lherminier, 1986.
– Ceci et cela, Bette Davis, Michel Lafon, 1992.

Filmographie

1989 Wicked Stepmother de Larry Cohen
1987 The Whales of August de Lindsay Anderson
1986 As Summers Die (TV) de Jean-Claude Tramont
1985 Murder with Mirrors (TV) de Dick Lowry
1983 Right of Way (TV) de George Schaefer
1983 Hotel (TV)
– Hotel
1982 Little Gloria… Happy at Last (TV) de Waris Hussein
1982 A Piano for Mrs. Cimino (TV) de George Schaefer
1981 Family Reunion (TV) de Fielder Cook
1980 Skyward (TV) de Ron Howard
1980 The Watcher in the Woods de John Hough et Vincent McEveety (non crédité)
1980 White Mama (TV) de Jackie Cooper
1979 Strangers: The Story of a Mother and Daughter (TV) de Milton Katselas
1978 Death on the Nile de John Guillermin
1978 Return from Witch Mountain de John Hough
1978 The Dark Secret of Harvest Home (TV)
– Tithing Day, Sheaving Tide, Husking Bee, Corn Play, Kindling Night, Harvest Home
– Ploughing Day, Planting Day, Agnes Fair, Choosing the Young Lord, the Day of Seasoning
1977 Laugh-In (TV)
– Episode du 5 Novembre 1977
1976 The Disappearance of Aimee (TV) d’Anthony Harvey
1976 Burnt Offerings de Dan Curtis
1974 Hello Mother, Goodbye! (TV) de Peter H. Hunt
1973 Scream, Pretty Peggy (TV) de Gordon Hessler
1972 The Judge and Jake Wyler (TV) de David Lowell Rich
1972 Lo scopone scientifico de Luigi Comencini
1972 Madame Sin de David Greene
1971 Bunny O’Hare de Gerd Oswald
1970 Connecting Rooms de Franklin Gollings
1970 It Takes a Thief (TV)
– Touch of Magic
1968 The Anniversary de Roy Ward Baker
1966 Gunsmoke (TV)
– The Jailer
1965 The Nanny de Seth Holt
1965 The Decorator (Court-métrage TV) de Richard Kinon
1964 Hush…Hush, Sweet Charlotte de Robert Aldrich
1964 Where Love Has Gone d’Edward Dmytryk
1964 Dead Ringer de Paul Henreid
1963 La noia de Damiano Damiani
1963 Perry Mason (TV)
– The Case of Constant Doyle
1962 The Virginian (TV)
– The Accomplice
1962 What Ever Happened to Baby Jane? de Robert Aldrich
1959-1961 Wagon Train (TV)
– The Bettina May Story (1961)
– The Elizabeth McQueeny Story (1959)
– The Ella Lindstrom Story (1959)
1961 Pocketful of Miracles de Frank Capra
1959 The DuPont Show with June Allyson (TV)
– Dark Morning
1959 The Scapegoat de Robert Hamer
1959 John Paul Jones de John Farrow
1959 Alfred Hitchcock Presents (TV)
– Out There – Darkness
1958 Suspicion (TV)
– Fraction of a Second
1957-1958 General Electric Theater (TV)
– The Cold Touch (1958)
– With Malice Toward One (1957)
1958 Studio 57 (TV)
– The Starmaker
1957 Telephone Time (TV)
– Stranded
1957 The Ford Television Theatre (TV)
– Footnote on a Doll
1957 Schlitz Playhouse of Stars (TV)
– For Better, for Worse
1956 Storm Center de Daniel Taradash
1956 The Catered Affair de Richard Brooks
1956 The 20th Century-Fox Hour (TV) d’Henry Koster
– Crack-Up
1955 The Virgin Queen
1952 The Star de Stuart Heisler
1952 Four Star Revue (TV)
– Episode 2.33
1952 Phone Call from a Stranger de Jean Negulesco
1951 Another Man’s Poison d’Irving Rapper
1951 Payment on Demand de Curtis Bernhardt
1950 All About Eve de Joseph L. Mankiewicz
1949 Beyond the Forest de King Vidor
1948 June Bride de Bretaigne Windust
1948 Winter Meeting de Bretaigne Windust
1946 Deception d’Irving Rapper
1946 A Stolen Life de Curtis Bernhardt
1945 The Corn Is Green d’Irving Rapper
1944 Hollywood Canteen de Delmer Daves
1944 Mr. Skeffington de Vincent Sherman
1943 Old Acquaintance de Vincent Sherman
1943 Thank Your Lucky Stars de David Butler
1943 Watch on the Rhine de Herman Shumlin et Hal Mohr (non crédité)
1942 Now, Voyager d’Irving Rapper
1942 In This Our Life de John Huston
1942 The Man Who Came to Dinner de William Keighley
1941 The Little Foxes de William Wyler
1941 The Bride Came C.O.D. de William Keighley
1941 Shining Victory (non crédité) d’Irving Rapper
1941 The Great Lie d’Edmund Goulding
1940 The Letter de William Wyler
1940 All This, and Heaven Too d’Anatole Litvak
1940 If I Forget You (Court-métrage)
1939 The Private Lives of Elizabeth and Essex de Michael Curtiz
1939 The Old Maid d’Edmund Goulding
1939 Juarez de William Dieterle
1939 Dark Victory d’Edmund Goulding
1938 The Sisters d’Anatole Litvak
1938 Jezebel de William Wyler
1937 It’s Love I’m After d’Archie Mayo
1937 That Certain Woman d’Edmund Goulding
1937 Kid Galahad de Michael Curtiz
1937 A Day at Santa Anita (Court-métrage) (non crédité) de Bobby Connolly
1937 Marked Woman de Lloyd Bacon et Michael Curtiz (non crédité)
1936 Satan Met a Lady de William Dieterle
1936 The Golden Arrow d’Alfred E. Green
1936 The Petrified Forest d’Archie Mayo
1935 Dangerous d’Alfred E. Green
1935 Special Agent de William Keighley
1935 Front Page Woman de Michael Curtiz
1935 The Girl from 10th Avenue d’Alfred E. Green
1935 Bordertown d’Archie Mayo
1934 Housewife d’Alfred E. Green
1934 Of Human Bondage de John Cromwell
1934 Fog Over Frisco de William Dieterle
1934 Jimmy the Gent de Michael Curtiz
1934 Fashions of 1934 de William Dieterle
1934 The Big Shakedown de John Francis Dillon
1933 Bureau of Missing Persons de Roy Del Ruth
1933 Ex-Lady de Robert Florey
1933 The Working Man de John G. Adolfi
1933 Parachute Jumper d’Alfred E. Green
1933 Just Around the Corner (Court-métrage)
1932 20,000 Years in Sing Sing de Michael Curtiz
1932 Three on a Match de Mervyn LeRoy
1932 The Cabin in the Cotton de Michael Curtiz
1932 The Dark Horse d’Alfred E. Green
1932 The Rich Are Always with Us d’Alfred E. Green
1932 So Big! de William A. Wellman
1932 The Man Who Played God de John G. Adolfi
1932 Hell’s House de Howard Higgin
1932 The Menace de Roy William Neill
1931 Way Back Home de William A. Seiter
1931 Waterloo Bridge de James Whale
1931 Seed de John M. Stahl
1931 The Bad Sister d’Hobart Henley