« “La grande plaie de l’Humanité, c’est le conformisme.”

“Mon invention sera exploitée pendant un certain temps comme une curiosité scientifique, mais à part cela elle n’a aucune valeur commerciale quelle qu’elle soit.”

Auguste Lumière, né le 19 octobre 1862 à Besançon et mort le 10 avril 1954 à Lyon est un ingénieur, industriel et biologiste français, pionnier de la médecine humorale. Au cours des années 1894-1895, il inventa avec son frère Louis (né le 5 octobre 1864 à Besançon et mort le 6 juin 1948 à Bandol) un appareil de prise de vues photographiques animées et de projection, le Cinématographe, qui rencontra un succès mondial. Ils sont souvent désignés comme les frères Lumière.

Fils de l’industriel, peintre et photographe Antoine Lumière.

Après huit années passées à Besançon, Auguste déménage avec toute sa famille à Lyon. Il prépara son baccalauréat tout seul, qu’il obtint en juillet 1879. Il suivit ensuite un cycle de mathématiques spéciales au Lycée de Lyon.

Des problèmes de santé obligèrent Auguste à interrompre ses études en 1881.

le capitaine Auguste Lumière eut l’occasion d’organiser pour l’état-major de Lyon un service photographique, ancêtre du service cinématographique des armées (SCA, aujourd’hui ECPAD).

Dès l’entrée en guerre de la France en juillet 1914, Auguste Lumière demande aussitôt à reprendre du service. À la suite de son expérience de clinicien et de chercheur, et en tant qu’ancien administrateur des Hospices Civils de Lyon, il est affecté au Service de Santé de l’Hôtel-Dieu, chargé de la gestion du service radiographique. C’est pendant ces années passées à l’Hôtel-Dieu qu’Auguste Lumière énonça les lois de la cicatrisation, qui le conduisirent à inventer un pansement pour le traitement des brûlures qui eut un succès mondial considérable, le Tulle gras Lumière, encore commercialisé aujourd’hui.

C’est à la fin de l’été 1894, sur la demande de leur père émerveillé par le Kinétoscope d’Edison, qu’Auguste et Louis se lancent dans la recherche d’un mécanisme permettant de projeter des images photographiques animées devant un public. Lors d’un voyage à Paris en 1894, leur père Antoine avait assisté sur les grands boulevards à une démonstration de l’appareil de visionnement inventé par William Kennedy Laurie Dickson, l’assistant de Thomas Edison pour voir individuellement les premiers films réalisés par Dickson avec la première caméra de cinéma, le Kinétographe.

Antoine Lumière avait aussi eu l’occasion d’assister à une projection des premiers dessins animés du cinéma, peints directement par Émile Reynaud sur une pellicule de 70 mm de large. Les Lumière étaient persuadés qu’il leur fallait inventer une machine qui couplerait la pellicule photographique perforée du type Edison avec une projection sur écran devant un public assemblé, à la manière de Reynaud.

Le choix des deux frères a été de réunir en une seule machine plusieurs fonctions, moyennant quelques accessoires : la prise de vues, la projection sur écran, le tirage des copies. Un triple dispositif que toute personne aisée peut acheter, contrairement au Kinétographe, utilisé en exclusivité par Edison, dont seuls les films (le mot est d’Edison) déjà tournés sont à vendre avec une machine spécifique pour les visionner individuellement, le kinétoscope.

Au cours de l’année 1895, des projections privées sont organisées par la famille Lumière pour consulter le monde scientifique, puis c’est la célèbre première projection publique du 28 décembre au Salon indien du Grand Café à Paris, qui ne réunit qu’une poignée de spectateurs, et ensuite c’est le succès phénoménal du Cinématographe qui provoque dans le monde l’émergence de nombreuses autres caméras déjà en gestation.

Le film L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat n’est pas projeté ce jour-là, mais le sera par la suite, remportant un énorme succès.

Six mois après la présentation de décembre 1895, la première projection de films en Amérique avec le Cinématographe Lumière est organisée à Montréal. Aux États-Unis, la présentation du Cinématographe Lumière fait sensation à New York le 18 juin 1896, et par la suite dans d’autres villes américaines, ce qui déclenche la « guerre des brevets » lancée par Edison au nom de ce qu’il considère comme son droit d’antériorité et du slogan « America for Americans », obligeant Lumière à déserter le sol américain dès l’année suivante.

Il faut dire que Edison ne vise pas le même public que les deux frères lyonnais. Les premiers recherchent la clientèle populaire de New-York et de Brooklyn, et celle des villes de l’Amérique profonde, tandis que les frères Lumière cherchent à séduire la clientèle huppée et aisée, celle qui est capable d’acquérir pour son plaisir un exemplaire du Cinématographe Lumière pour filmer la famille, et des bobineaux Lumière déjà impressionnés, pour compléter l’éducation des enfants.

Rapidement, les frères Lumière prennent conscience de l’intérêt de filmer avec leur Cinématographe des images pittoresques de par le monde et de les montrer en projection, ou de les vendre avec l’appareil. Fins commerciaux, ils refusent de céder les brevets de leur invention à Georges Méliès qui leur en offre pourtant une petite fortune. Les frères Lumière, eux, ont la sagesse de s’arrêter de produire des films en 1902.

Outre le Cinématographe Lumière, les Frères Lumière inventèrent aussi la plaque photographique sèche dite Étiquette bleue en 1885, la photographie en couleurs en 1903, la photostéréosynthèse (procédé de photographie en relief) en 1920 et le cinéma en relief en 1935 (par le procédé des anaglyphes).

Il a été recensé 196 brevets + 43 additifs ayant comme titulaire  » Lumière  » (Brevets collectifs + sociétés Lumière + brevets individuels). Auguste Lumière a inventé de nombreux médicaments tels que le Tulle gras pour soigner les brûlés, la thérapeutique de la tuberculose grâce aux sels d’or et à la Cryogénine, l’Allocaïne, l’Emgé Lumière, etc.

Il décède le 10 avril 1954 à Lyon.

Bibliographie

– Grammaire du cinéma, Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, éditions Nouveau Monde, 2010.
– Les Lumière. Antoine, Auguste, Louis et les autres : l’invention du cinéma, les autochromes
Guy Borgé et Marjorie Borgé, Éd. lyonnaises d’art et d’histoire, 2004.
– Auguste Lumière, pionnier de la cicatrisation moderne, Bruno Salazard,
Annales de chirurgie plastique et esthétique, 2003.
– Au pays des Lumière, Bernard Chardère, Institut Lumière/Actes Sud, 1995.
– Les Frères Lumière – l’invention du cinéma, Jacques Rittaud-Hutinet, Flammarion, 1995.
– Le roman des Lumière, Bernard Chardère, Gallimard, 1995.
– Auguste et Louis Lumière, Correspondances 1890/1953 rassemblées par Jacques Rittaud-Hutinet,
Cahiers du cinéma, 1994.
– La vie et l’œuvre médicale d’Auguste Lumière, Annie Lhéritier Mamou, thèse de doctorat en médecine,
Université Claude Bernard, 1988.
– La vie laborieuse et féconde d’Auguste Lumière, Paul Vigne, Imp. Durand-Girard, 1942.
– L’œuvre scientifique d’Auguste Lumière dans le domaine de la biologie et de la médecine, Paul Vigne,
Imp. Léon Sézanne, 1938.

Filmographie

1966 Lumière (Documentaire)
1897 La Palestina en 1896 (Court-métrage)
1897 Laveuses sur la rivière (Court-métrage documentaire)
1896 Melbourne (Court-métrage documentaire)
1896 L’arrivée du train en gare de La Ciotat (Court-métrage documentaire)