« Si on veut accepter uniquement des rôles qui donnent de la femme une image féministe alors on cesse d’être actrice parce que ça n’existe pas… »

« Le véritable auteur est quelqu’un qui ne peut faire autrement. »

Delphine Seyrig est une actrice française, née le 10 avril 1932 à Beyrouth (Liban) et morte le 15 octobre 1990 à Paris, héroïne entre autres d’Alain Resnais, Marguerite Duras et François Truffaut au cinéma.

Son père Henri Seyrig est archéologue, directeur du Service des Antiquités au Liban.

Delphine Seyrig passe son enfance dans plusieurs pays dont le Liban où elle est scolarisée au Collège protestant français et poursuit sa scolarité comme interne au collège Cévenol (1947-1950). Dès seize ans, elle prend des cours d’art dramatique avec Pierre Bertin et Tania Balachova. À vingt ans, elle décroche son premier rôle dans l’Amour en papier de Louis Ducreux. Delphine envisage d’entrer au TNP, mais sa voix est jugée trop particulière. Elle part pour les États-Unis et après avoir pris des cours à l’Actors Studio, y tourne son premier film, Pull My Daisy, de Robert Frank (1958).

Alain Resnais la découvre lors de son séjour à New York à l’automne 1959, alors qu’elle joue dans la pièce d’Ibsen, Un ennemi du peuple. En 1960, elle revient à Paris, où elle joue Un mois à la campagne d’Ivan Tourgueniev sous la direction d’André Barsacq au Théâtre de l’Atelier. Resnais l’engage alors pour jouer dans L’Année dernière à Marienbad. Le film remporte un grand succès et donne à Delphine Seyrig une immense notoriété. Alain Resnais lui confiera également en 1963 le rôle d’Hélène Aughain dans Muriel, ou le temps d’un retour. Au théâtre, elle interprétera Jean-Claude Carrière (L’Aide-Mémoire), Harold Pinter (La Collection, L’Amant), Peter Handke (La Chevauchée sur le lac de Constance), le plus souvent sous la direction d’André Barsacq ou de Claude Régy.

En 1968, sous la direction de François Truffaut, elle joue la troublante Fabienne Tabard dans Baisers volés. Dans ce film charnière du cycle Antoine Doinel, elle est à la fois l’incarnation de la femme romantique et inaccessible, mais aussi la représentation de la femme réaliste et maîtresse de son destin. Delphine Seyrig trouve en Alain Resnais et en François Truffaut deux réalisateurs qui, en quelques films, la rendent inoubliable, en particulier par le timbre de sa voix.

Au cinéma, elle tourne avec : William Klein (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966 et Mister Freedom, 1968) ; Marguerite Duras (La Musica, 1966, India Song, 1975 et Baxter, Vera Baxter, 1977) ; Joseph Losey (Accident, 1967) ; Jacques Demy (Peau d’Âne, 1970) ; Luis Buñuel (La Voie lactée, 1969 et Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972) ; Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, 1975). Elle joue avec Sami Frey, son compagnon, dans le film ovni Le Journal d’un suicidé de Stanislav Stanojevic, sélectionné à Cannes et à Venise en 1972.

Parallèlement à sa carrière artistique, elle mène aussi, souvent aux côtés de Marguerite Duras, une vie de militante.
Delphine Seyrig est également connue comme militante féministe. Elle a notamment signé le « manifeste des 343 » en 1971 et apporté à la cause des femmes le film reportage Sois belle et tais-toi. C’est dans son appartement qu’en août 1972 Harvey Karman fait la première démonstration de sa méthode d’interruption volontaire de grossesse devant des militantes du MLF et que des médecins du Groupe d’information santé se mettent à la pratiquer.
En 1982, elle fonde avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

Elle meurt en 1990, à 58 ans.

Bibliographie

– Delphine Seyrig, Mireille Brangé, Nouveau Monde Editions, 2018.
– Comme une apparition : Delphine Seyrig, François Poirié, Actes Sud, 2007.

Filmographie commme réalisatrice

1981 Sois belle et tais-toi (Documentaire)
1976 Scum Manifesto (Short) coréalisé avec Carole Roussopoulos
1975 Maso et Miso vont en bateau (Documentaire) coréalisé avec Nadja Ringart, Carole Roussopoulos et Ioana Wieder

Filmographie commme actrice

1989 Une saison de feuilles (TV) de Serge Leroy d’après Madeleine Chapsal
1989 Johanna D’Arc of Mongolia d’Ulrike Ottinger
1988 La bête dans la jungle (TV) de Benoît Jacquot d’après Marguerite Duras (pièce) et Henry James (roman)
1986 Letters Home de Chantal Akerman
1986 Les étonnements d’un couple moderne (TV) de Pierre Boutron
1986 Golden Eighties de Chantal Akerman
1986 Seven Women, Seven Sins (segment « Pride ») d’Ulrike Ottinger
1985 Grosse (Court-métrage) de Brigitte Roüan
1985 Sarah et le cri de la langouste (TV) de Marcel Bluwal
1984 Dorian Gray im Spiegel der Boulevardpresse de Ulrike Ottinger
1983 Le grain de sable de Pomme Meffre
1981 Freak Orlando de Ulrike Ottinger
1981 Documenteur (voix) d’Agnès Varda
1981 The Man of Destiny (TV) de Desmond Davis d’après Bernard Shaw
1981 Cinéma 16 (TV) de Liliane de Kermadec
– Le petit Pommier
1980 Chère inconnue de Moshé Mizrahi
1980 Le chemin perdu de Patricia Moraz
1979 En cours de route (Útközben ) de Márta Mészáros
1977 Repérages de Michel Soutter
1977 Je t’aime, tu danses de François Weyergans
1977 Baxter, Vera Baxter de Marguerite Duras
1977 BBC Play of the Month (TV) d’après Henry James
– The Ambassadors
1976 Son nom de Venise dans Calcutta désert de Marguerite Duras
1976 Caro Michele de Mario Monicelli
1976 Scum Manifesto (Court-métrage) de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig
1975 India Song de Marguerite Duras
1975 Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman
1975 Le jardin qui bascule de Guy Gilles
1975 Le dernier cri (Der letzte schrei) de Robert van Ackeren
1975 Aloïse de Liliane de Kermadec
1975 Le boucher, la star et l’orpheline de Jérôme Savary
1974 L’Atelier (Documentaire) de Patrick de Mervelec
1974 Le cri du coeur de Claude Lallemand
1974 Dites-le avec des fleurs de Pierre Grimblat
1974 Contre une poignée de diamants (The Black Windmill) de Don Siegel
1974 La chevauchée sur le lac de Constance (TV) de Claude Régy (scénario de Peter Handke)
1973 Maison de poupée (A Doll’s House) de Joseph Losey
1973 Chacal (The Day of the Jackal) de Fred Zinnemann
1972 Le charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel
1971 Tartuffe (TV) de Molière, réalisation Marcel Bluwal
1971 Les lèvres rouges (Daughters of darkness) d’Harry Kümel
1971 La Première Année (Primer ano) (Documentaire) (voix) de Patricio Guzman
1971 Le Journal d’un suicidé de Stanislav Stanojevic
1970 Peau d’âne de Jacques Demy
1970 Le lys dans la vallée (TV) de Marcel Cravenne
1969 El vientre de la ballena de Julian Pablo
1969 La voie lactée de Luis Buñuel
1969 Mister Freedom de William Klein
1968 Baisers volés de François Truffaut
1968 L’écume des jours (voix) de Charles Belmont
1967 Hedda Gabler (TV) de Raymond Rouleau
1967 La musica de Marguerite Duras et Paul Seban
1967 Accident de Joseph Losey
1966 Comédie (Court-métrage) de Marin Karmitz
1966 Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? de William Klein
1966 Un mois à la campagne (TV) de André Barsacq d’aprés Ivan Tourgueneiv
1965 Qui donc a rêvé ? (Court-métrage) de Liliane de Kermadec
1963 Le troisième concerto (TV) de Marcel Cravenne
1963 Muriel ou Le temps d’un retour d’Alain Resnais
1961 L’année dernière à Marienbad d’Alain Resnais
1960 Pete and Gladys (TV) (72 épisodes)
– The Bavarian Wedding Chest
– Crime of Passion
– For Pete’s Sake
1959 Pull My Daisy (Court-métrage) de Robert Frank et Alfred Leslie
1954-1955 Sherlock Holmes (TV)
– The Case of the Singing Violin (1955)
– The Mother Hubbard Case (1954)